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Orphan Black, saison 3

De l'autre côté du miroir

On ne peut à aucun moment nier l’énorme performance de Tatiana Maslany, qui réussit le tour de force de camper à elle seule près de 6 protagonistes différents. Orphan Black est une affaire de clones. Un polar sous fond de conspiration, qui repose entièrement sur les épaules de son actrice principale. Depuis qu’elle a découvert l’existence d’un nombre incalculable de sœurs génétiques, Sarah Manning fait tout pour lever le voile sur les secrets de sa propre existence. Qui est Dyad ? Pourquoi cette multinationale a-t-elle un jour décidé de franchir la barre de l’éthique (et des lois en vigueur), pour créer une série de clones humains ? Quelle fonction servent-ils ? Et pourquoi sont-ils traqués sans relâche ? La liste des questions est longue, et comme dans toute bonne série SF : cette troisième saison se fait un plaisir d’y répondre. En prenant le soin d’en ajouter de nouvelles…

Orphan Black est vraiment une série qui vaut le coup d’œil. Pour la simple et bonne raison qu’il s’agit du premier show à étayer le concept du clonage humain sur un format long télévisuel. Le cinéma de science-fiction a toujours aimé les histoires de doubles. Du récent Enemy avec Jake Gyllenhaal, en passant par The Island, Matrix ou bien Star Wars. Vous les avez aimé, mais rares sont les histoires qui s’attardent sur l’aspect humain du phénomène. Lorsque Sarah Manning voit pour la première fois une fille qui lui ressemble traits pour traits se jeter sur les rails d’un métro : il est difficile de faire plus personnel que ça. De fil en aiguille, elle fera la rencontre d’autres doubles, qui deviendront très vite une seconde famille. Même si on connait déjà les personnages de la scientifique aux dreads Cosima, ou de Allison (une mère au foyer alcoolique), ou bien de la psychopathe Ukrainienne Helena, l’état d’ébahissement reste le même. Oui, ces quatre femmes radicalement opposées sont bel et bien incarnées par la même actrice. Difficile d’imaginer Tatiana Maslany prendre les traits de chacune d’entre elles, jouant chaque scène autant de fois qu’il y a un clone dans la pièce. A chaque fois d’un point de vue différent, une gestuelle différente, des mimiques et un ton de voix propre à chacune. Tout simplement bluffant.

Chacune de ses partitions est traitée comme un personnage à part entière, que l’on aime ou que l’on déteste, bien qu’il s’agisse de la même enveloppe corporelle. Les relations entre les différents clones sont d’ailleurs plus vraies que nature, souvent prenantes. Elles font vrai. Dans la même série, l’actrice principale incarne l’héroïne, la meilleure amie, la confiante, la psychopathe et la manipulatrice machiavélique. On retrouve bien là le véritable attrait du show, au-delà de son histoire de conspirations somme toute assez classique. Des secrets, une riche corporation scientifique aux pratiques douteuses, des alliés forcés d’agir dans l’ombre. L’air de déjà vu se fait sentir. Et pourtant, on continue de dévorer les épisodes de 40 minutes comme des petits pains. Le rythme est bon, alternant brillamment entre tension et humour. Les histoires secondaires sont également plutôt réussies. Mention spéciale pour celle d’Alison, qui excelle dans son rôle de femme au foyer qui se lance dans le trafic de drogue. Difficile également de ne pas souligner le travail d’Ari Millen, qui a introduit dans cette saison le projet Castor, qui n’est autre qu’une série de clones masculins. Si la série peine parfois à renouveler son rythme, ou tombe dans la surenchère classique de la pure fiction conspirationniste (le méchant n’est pas le méchant, mais le pion d’un autre méchant encore plus méchant), le travail de l’actrice principale continue de fasciner. Tatiana Maslany vient d’ailleurs de passer à côté du meilleur rôle féminin pour une série dramatiques aux Emmy. Une décision envers laquelle on sera forcé d’exprimer notre profond désaccord.

Orphan Black S3 - VERDICT

Par Fox Mulder le

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