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Open Windows

Cyber Thriller

Difficile de réaliser un chef-d’œuvre lorsque le pitch de base trempe dans un parfum de direct-to-DVD bas de gamme. Dans le fond, s’il n’avait pas été question d’Elijah Wood et de Sasha Grey, personne n’aurait vraiment accordé de crédit à Open Windows. Il y avait pourtant quelque chose à faire avec cette idée de cyber-thriller haletant, entièrement filmé via webcams, smartphones, et autres caméras de surveillance. Il y avait aussi quelque chose à faire avec cette histoire de type lambda qui se fait hacker du jour au lendemain, avant de se transformer par la force des choses en véritable stalker. C’est bien là tout le problème de ce film : il est grosso modo plombé par l’ombre massive de ce qu’il aurait pu être.

C’est d’autant plus dommage, puisque le casting assure de son côté haut la main sa part du boulot. Elijah Wood est tout simplement magnifique, dans son rôle de petit fanboy désabusé au sourire malsain. Après tant d’années, il garde l’innocence de Fredon Saquet dans le regard, et le rictus ravageur du psychopathe de Maniac. Ici, il incarne Nick Chambers, le gentil webmaster d’un site internet consacré à son idole : la sulfureuse Jill Goddard. Cloitré dans une chambre d’Hôtel à Boston, il attend patiemment de pouvoir partager un diner en tête à tête avec la belle. Repas qu’il aurait gagné durant un concours promotionnel, autour de la sortie de son dernier film. Vous l’aurez deviné : tout va bien entendu partir dans une spirale infernale monstre, qui va débuter à la seconde où le jeune homme va se faire envahir par un hacker chevronné. Ce dernier va basiquement donner à Nick l’accès à toutes les données personnelles de sa muse. Ses conversations téléphoniques, ses textos, ses photos volées, sa webcam, les caméras de surveillance de son hôtel : rapidement, la vie de l’actrice mystérieuse va devenir un livre ouvert pour ce bon Nick Chambers, qui semble avoir de plus en plus de mal à détourner le regard. Il y a d’ailleurs un truc d’assez jouissif à voir le pauvre homme lutter, tiraillé par son sens de la morale qui entre directement en conflit avec sa soif d’en voir toujours plus.

On ne va pas se mentir, les premières minutes provoquent chez le spectateur une certaine curiosité malsaine. Au fil du temps, on se prend peu à peu à ce jeu dangereux, qui explore l’intimité de la belle actrice d’un point de vue de plus en plus voyeuriste. Sasha Grey est dépeint comme un objet de fascination universel. Un rôle qui vous en conviendrez, colle à la peau de l’ex-star du X. Quoi que l’on en dise, cette femme à une prestance incroyable à l’écran. Elle a le vice des yeux, un ton de voix tranchant, et un vrai charisme de femme fatale. Elle reste un mystère entier, malgré le fait que la terre entière l’ai vu à poil sous toutes les coutures. Comme Elijah Wood, Sasha Grey est parfaite dans son rôle. Dans le fond, Nacho Vigalongo (considéré comme un des espoirs de la réalisation espagnole) est le seul vrai responsable du naufrage de son film. Il ne faut pas une heure avant que le cinéaste ne se retrouve piégé par son propre mode de réalisation. À cours de moyens pour filmer son intrigue, l’homme bascule dans des travers rocambolesques, et des effets spéciaux qui ne veulent plus rien dire. Le scénario lui-même s’achève comme une énorme blague, alors qu’il y avait tant à faire. Perdu dans les méandres du WTF, de l’incohérence, et de la frustration. Bien essayé.

Open Windows - VERDICT

Par Fox Mulder le

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