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Unfriended

Sans façon

Raconter une histoire en s’imposant les limites d’un écran d’ordinateur, c’est ingénieux. L’idée ne date pas d’aujourd’hui puisque deux Canadiens avaient déjà mis à l’épreuve cette astuce dans Noah, un court métrage plutôt bien foutu. Unfriended respecte ce principe à la lettre. Skype, Youtube, Facebook, Twitter, Chatroulette : voici les principaux acteurs de cette petite production horrifique qui s’attelle plus à jouer sur les peurs numériques que les peurs primaires. Le résultat n’a rien de vraiment étonnant, même si l’illusion de la réalisation novatrice garantit une bonne heure d’amusement. Le reste est oublié au moment même où le générique final se met à défiler.

Le traitement des technologies par le cinéma ou la télévision est assez paradoxal. Quand il ne s’agit pas d’un film qui traite explicitement d’un outil particulier (The Social Network, par exemple), le reste des productions noient ce que vous utilisez quotidiennement dans un océan d’amateurisme qui frise à chaque fois le ridicule. Un acteur sous-payé qui mime l’action d’appuyer frénétiquement sur les boutons d’une manette, c’est un film qui méprise son public. Un personnage qui maîtrise la dactylographie de manière grotesque, c’est un film qui oublie que la quasi-totalité des spectateurs s’est déjà retrouvée devant un clavier. De ce point de vue, Unfriended est une petite réalisation sans prétention, si ce n’est celle de s’appuyer sur des outils que vous avez tous utilisés un jour ou l’autre. Contrairement à l’excellent Noah, le film de Levan Gabriadze fait le choix de retourner ces propres outils contre leurs utilisateurs. Ce qu’on appelle communément le cyber-harcèlement devient une source de terreur, tout du moins dans l’idée. C’est donc l’histoire à peine croyable d’un groupe d’adolescents dans la fleur de l’âge qui se réunit un an après la mort de leur amie Laura. La défunte demoiselle avait mis fin à ses jours après avoir subi l’humiliation d’être exposée aux yeux de tous sur Youtube, complètement inconsciente et couverte de ses propres excréments. Rapidement, cette petite réunion virtuelle sur Skype tourne au vinaigre, puisqu’un intrus qui clame être Laura s’invite innocemment dans la conversation. Enfin, son innocence est rapidement expédiée puisqu’il ne va pas tarder à tout simplement flinguer les différents protagonistes les uns après les autres, en les accusant d’avoir poussé Laura à sa perte.

Vous la sentez cette odeur ? Non, ce ne sont pas les matières fécales de la suicidaire, mais bien celles que dégage le film dans sa globalité. En choisissant une narration diégétique s’appuyant entièrement sur les faits et gestes d’un écran, Unfriended montre les choses d’une nouvelle façon. Personne ne pourra lui enlever cette caractéristique précise qui construit tout l’amusement de ce long-métrage. Malheureusement, le film se contente de dire les mêmes choses que tout le monde, et s’appuie sur un scénario éculé jusque dans ses fondements les plus enfouis. Rien n’est surprenant, tout est convenu. Du coupable à l’innocent, du meurtrier à ses motivations, le film est une réunion de stéréotypes qu’il aurait mieux fallu déglinguer à coup de Cheval de Troie. Les clics du curseur s’enchainent, les victimes tombent comme des mouches jusqu’à dévoiler les plus bas instincts de l’être humain, tout du moins de l’adolescent dans toute sa connerie. L’idée était loin d’être idiote, d’autant plus que le sujet du cyber-harcèlement n’est pas souvent abordé par des productions cinématographiques, alors même qu’il est de plus en plus important dans notre société. En choisissant de livrer un pseudo récit horrifique, Unfriended s’enfonce dans sa médiocrité narrative et peine à masquer les ficelles d’une histoire aussi commune qu’un triste téléfilm. Néanmoins, la promesse initiale (et purement technique) reste parfaitement tenue. Celle d’offrir un film qui tient sur ses deux jambes sans bouffer du sable à la moindre vague l’est beaucoup moins. Le résultat, Universal s’en contrebalance puisque le film qui a couté un petit million de dollars vient d’en rapporter plus de 45. Le contrat financier est donc parfaitement respecté. Pour le reste, il faudra aller voir ailleurs.

Unfriended - VERDICT

Par Sholid le

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