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Old Boy

Le marteau tombe

Un faciès décharné par 15 ans de captivité, un poulpe dévoré vivant, une scène d’anthologie au marteau, et une histoire de vengeance terrible sous fond d’inceste : c’était il y a seulement 10 ans, lorsque Old Boy remportait le grand prix du jury à Cannes. Non seulement Park Chan-Wook venait de replacer le cinéma coréen sur la carte, mais il signait ici l’un des films les plus sales, les plus tordus, et plus généralement l’un des plus surréalistes de l’histoire. Un putain de classique comme on dit dans le jargon, qui laisse aujourd’hui place à une simple question : pourquoi. Pourquoi un remake ? Pourquoi Spike Lee ? Pourquoi Josh Brolin ? Et surtout, pourquoi Samuel L Jackson ?

On ne dit pas que vous allez trouver le film à vomir si vous n’avez pas vu l’original. Simplement que le Old Boy de 2003 est supérieur en tout point. Compte tenu des circonstances, on aurait au moins aimé voir un remake fait avec un minimum d’honnêteté. Une réécriture digne de ce nom, qui sans dénaturer l’original, aurait pu constituer un prétexte à peu près potable pour justifier cette version américanisée, dépouillée de substance et partiellement édulcorée. On peut hélas mesurer la qualité de ce remake par le traitement d’une des scènes culte de l’original : le fameux plan-séquence de 2 minutes 40, où le héros Oh Dae-Su démonte une vingtaine de malfrats dans un couloir à coup de marteau, le tout sous un travelling démentiel tout droit sorti d’un Street of Rage. C’était délicieusement sordide, claustro à souhait, et dans le fond absolument irréel. Dix ans plus tard, la nouvelle version de la fameuse scène fait fausse, trop chorégraphiée, et finalement assez générique. La version de Spike Lee ne manquait pourtant pas d’ambitions : 7 minutes 20 de carnage, une seule prise, et 6 semaines d’entrainement intensif pour l’acteur Josh Brolin. De quoi forcer le respect, si le studio n’avait pas eu la bonne idée de couper affreusement la scène, réduisant à néant tous les efforts du plan-séquence. D’un autre côté, il faut bien qu’ils aient un argument de vente le DVD…

À titre d’information, ce cru 2013 de Old Boy s’est tout de même vu amputé de pas moins de 78 minutes par le studio. Alors forcément : ça va trop vite pour être crédible. Le développement de cette histoire de kidnapping hors norme reste en surface. La raison est simple : ce n’est plus un film, c’est un produit. Un produit qui sert sa fonction première, à savoir satisfaire une cible bien prédéfinie. En l’occurrence, des pucelles ricaines qui gloussent comme des connes, planquées derrière un gros saladier de pop corn. À partir de là, comment peut-on sérieusement adhérer à un truc pareil ? Il y a bien cette histoire toujours aussi incroyable : celle de Joe Doucett, un père de famille qui se fait enlever le jour de l’anniversaire de sa fille, et qui se fait libérer des années plus tard avec une soif insatiable de vengeance. Mais rien ne sonne vraiment juste. Le huit clôt sur la captivité de Joe est bon, mais les expressions de douleurs sur le faciès du héros sont soit dans le surjeu total, soit dans le stoïque. Même constat pour Samuel L Jackson, qui fait un peu peine à voir avec sa dégaine foireuse sensée rappeler le manga original. Quant à Elizabeth Olsen, elle est douée. Non franchement, c’est une bonne actrice, mais vous allez surtout là retenir pour le moment où elle fait tomber le soutif. Enfin, on évitera d’évoquer la fin. La seule vraie grosse réécriture de la version de Spike Lee, qui donne juste envie de se tirer une balle. C’est entre le poussif, l’incompréhension, et le ridicule absolu. Bref, encore un bon remake de merde. C’est quoi le prochain ?

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Old Boy - VERDICT

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Par Fox Mulder le

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