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Mob City, saison 1

Noir c'est noir

On n’est jamais contre un billet pour la Cité des Anges d’après-guerre, période Triumph Roadster, fusil Thompson et Daliah Noir. Surtout si c’est Frank Darabont aux manettes, soit le mec qui vous a servi The Walking Dead sur un plateau. Basé sur le bouquin de John Butin, Mob City retrace une funeste parenthèse de la vie de Joe Teague, un détective endurci du LAPD qui trempe dans des histoires de Mafia. L’espace d’un instant, on aurait presque l’impression d’avoir affaire à un spin-off de Boardwalk Empire, ou un chapitre perdu de l’excellent LA Noire. Un instant, mais pas plus, car la série est déjà annulée après seulement 6 épisodes. Reste cet hommage de 4 h 30 aux films noirs des années 40, qui ne s’en tire pas trop mal.

C’est toujours un drôle de sentiment d’entamer une série que l’on sait morte né. C’est d’autant plus frustrant, tant cette première saison a tout du prologue trois étoiles d’une série prometteuse. Il y a d’abord ce casting qui déborde de poids lourds séries, à commencer par Jon Bernthal, qui livre une partition sans accrocs. Si l’image de son rôle de Shane dans les premières saisons de Walking Dead tend à toujours lui coller à la peau, l’acteur également entraperçu dans Le Loup de Wall Street parvient à marquer la différence. Et ce, malgré de nombreux points communs avec son alter ego dans la série de AMC. Il est flic, bourrin dehors, sentimental dedans, a un truc pour les brunettes, mystérieux jusqu’à la moelle et finalement seul contre tous. Il y a aussi Robert Knepper, Neal McDonough, ou encore le très bon Patrick Fischler, qui incarnait le grand Mickey Cohen dans le jeu vidéo LA Noire. Ici, c’est Jeremy Luke qui incarne le célèbre gangster, dans une interprétation brutale qui tend à se rapprocher d’un Stephen Graham en Al Capone dans Boardwalk Empire. La comparaison avec la série n’est d’ailleurs pas innocente, bien que Mob City se déroule quelques années après la fameuse prohibition. Reste que son cadre force bien plus le trait années 40, quitte à tomber dans le cliché total.

Comme un élément symptomatique d’un réalisateur hors de son élément, Frank Darabont use et abuse de références codifiés du film noir, qui tendent parfois à tomber dans la parodie. On pense notamment à ces morceaux Jazz récurrents, aux plans vus et revus de l’armada de gangsters qui achèvent un type en visant la caméra placée dans une tombe, ou bien à ces nombreuses références historiques qui font parfois un peu forcées. Il y a aussi ce rôle féminin de pseudo-femme fatale prise au beau milieu d’un chantage, auquel on a parfois du mal à adhérer. La principale raison étant que le show n’a tout simplement pas le temps de s’y attarder. C’est un peu comme si vous preniez le casting d’une série complexe, et que vous essayez de faire tenir ça dans 2 films. Les querelles se terminent aussi vite qu’elles commencent, et on a souvent du mal à voir toute l’étendue du tableau. La raison est simple : Mob City n’a jamais été conçue comme une mini série, mais bien comme une nouvelle franchise, que la chaine TNT a expédiée en trois semaines. Un potentiel gâché, qui aurait au moins eu le mérite d’offrir une alternative à la série mafieuse de HBO, qui arrive de son côté en fin de vie. Reste cette histoire savoureusement noire, cette ambiance dont on ne se lasse pas, et ce final d’une rare brutalité, qui ne laisse absolument aucun espoir. Noir, c’est noir.

Mob City S01 - VERDICT

Par Fox Mulder le

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