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Michael Kohlhaas

Mads World

S’il y a bien un acteur danois qu’on ne présente plus, c’est lui : Mads Mikkelsen. Méchant charismatique dans Casino Royale, tueur en série dans Hannibal, innocent au regard noir dans la Chasse, il a bien une présence sombre et un regard pétrifiant récurrent chez l’acteur. Aujourd’hui dans le rôle de l’homme bon avec un certain côté noir, il touche encore l’excellence. Michael Kohlhaas, ou le récit d’un vendeur de chevaux qui subit une lourde injustice de la part de Sa Majesté…

LE GUERRIER SILENCIEUX

Pour ceux qui le connaissent bien, voir Mads Mikkelsen épée à la main dans des paysages de plaines austères rappelle forcément quelque chose : le Guerrier Silencieux de Nicolas Refn Winding. Il y jouait un esclave mutique ultra violent. Un peu à la manière de Danny the Dog, il était exploité dans des combats abominables qu’il gagnait tous. Dans Michael Kohlhaas, l’homme est respectable, sain, et vendeur de chevaux. On distingue cependant dès le début qu’il n’est pas du genre à se laisser faire. Alors qu’on lui blesse deux chevaux magnifiques et qu’on agresse son valet, il fait appel à la justice. Le souci est que le responsable est un baron. Ce qui veut dire : plainte rejetée, menace de mort et la naissance d’une terrible injustice. Le regard de Kohlhaas (et donc de Mads Mikkelsen) change et tourne au glaçant. Une rébellion gronde. La montée en puissance de la colère sera silencieuse et calme. Pas de fioritures, mais surtout deux scènes inoubliables par leur efficacité et leur lyrisme: la première où Kohlhaas et ses hommes attaquent à l’aube la maison du baron dans un silence de cathédrale, puis cette scène où Michael Kohlhaas observe de loin ses hommes qui attaquent une garnison, comme s’il regardait un tableau vivant.

JUSTICE

L’histoire de ce vendeur de chevaux est avant tout une histoire de justice. Un mot qui revient à chaque seconde du film et qui résonne dans l’esprit du protagoniste et du spectateur. Un homme doit-il se faire justice soi-même devant l’odieuse perversité du monde ? Cela l’écarte de la société et lui enlève son humilité. C’est pourquoi suite au refus de prendre sa plainte, Kohlhaas lève une petite armée et se révolte contre le pouvoir en place. Il tue des soldats du roi, mais ne vole, viole et ne brûle à aucun moment. Il essaye de justifier son acte de vengeance en agissant le plus correctement possible, jusqu’à pendre un de ses soldats ayant pillé une maison. C’est d’ailleurs à ce moment du film qu’intervient une scène monumentale : la rencontre d’un Kohlhaas doutant et d’un gouverneur-philosophe qui ramène l’humanité sur terre avec un discours pertinent. C’est le génial Bruno Ganz, qui avec une douce ironie, interprète ce rôle apparu une fois et qui fait oublier tous les autres. Le choc est si fort qu’il en métamorphose la ligne conductrice même du film. Ou violence vengeresse s’entremêle constamment avec la grâce et la symbolique du cheval. L’équidé trouve ici une place poétique, presque symbolique, où il apparait plus important encore qu’un être cher.

Dans un tableau vivant des temps moyenâgeux, le réalisateur Arnaud des Pallières brasse inlassablement les thèmes du pouvoir et de l’injustice. Grâce tout d’abord au décor chevaleresque qui donne de la fraîcheur au cinéma moderne cantonné à New York, mais surtout à la présence de deux acteurs de calibre (Mikkelsen et Bruno Ganz), le long-métrage s’impose presque naturellement (malgré une petite baisse sur la fin) comme une réussite. Une de plus au compteur Mikkelsen.

Michael Kohlhass - VERDICT

Par FMA le

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