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Métamorphoses

Curiosité mythologique

Europe est la fille du roi de Tyr, Agénor. Jupiter (ou Zeus) remarque la jeune fille alors qu’elle se promène sur la plage. Il l’approche sous la forme d’un taureau blanc, l’enlève, reprend forme humaine et la séduit. Voilà le fil conducteur de Métamorphoses, qui suit les différentes errances de la jeune Europe. En appuyant son récit sur l’œuvre éponyme d’Ovide, le réalisateur Christophe Honoré transgresse l’épreuve du temps, en décidant de transposer tous ces mythes dans le monde moderne. Le résultant mêle étrangeté, fascination et parfois ridicule.

Christophe Honoré réinvente les mythes gréco-romains dans l’époque contemporaine. Pendant trois parties distinctes, la caméra nous fait suivre la rencontre d’Europe avec trois personnages majeurs : Jupiter, Bacchus et Orphée. Le pêle-mêle d’images poétiques met en avant des mini récits à l’intérieur du film en lui-même, qui narre le plus souvent le désir et l’amour entre des dieux et des mortels (qui sont d’ailleurs surtout des relations d’abus sexuel). Europe, symbolisée par une jeune collégienne d’origine maghrébine, qu’un camionneur (Jupiter) embarque dans son camion pour lui faire découvrir le sexe. L’image fait clairement référence à la pédophilie et au cliché du vieux routier. Ce qui dans la fond ne manque pas de comique, bien que ce ne soit pas forcément bien recherché. Christophe Honoré ne s’embête pas du ridicule, il l’assume. Il veut simplement voir ce que provoque la vision des mythes de nos jours. Pour le lieu du tournage, le réalisateur s’est demandé où les dieux choisiraient d’apparaitre au 21e siècle. Il a alors sélectionné les zones périurbaines qu’on ne filme pas beaucoup, autour de rocades. C’est un lieu où la nature reprend ses droits, mais où l’on est encore dans la ville. Le décor ne donne pas un sentiment de déjà-vu. Christophe Honoré aime les mélanges incongrus. Il utilise des musiques classique et pop, des types de corps très différents, des acteurs pros et amateurs. Et il faut bien dire que ça donne une certaine poésie à son œuvre, jouant sans cesses de ses contrastes.

Tout est assez inattendu, et on va de surprise en surprise. Pour représenter les dieux, il ne les a pas affublés de grandes barbes blanches et de toges. Ils ont l’apparence de mortels. Ce qui est plutôt cohérent puisque dans les mythes, les dieux prennent souvent l’apparence des Hommes. La réalisation dans son ensemble est parfois bancale, mais cela apporte de manière assez inattendue une aura d’étrangeté positive, notamment pour le jeu des acteurs. Alors oui, on sent parfois l’amateurisme du casting. Ils sont indécis sur leur intention de jeu, et disent des textes qui leur semble totalement insolites. Pour certains, Métamorphoses pourra de ce fait paraître mal joué, mal écrit, sans œil critique sur le scénario écrit seul par Honoré. On peut ajouter à la liste trop littéraire, pas cinématographique pour un sou, voire même un peu redondant quand le livre d’Ovide fait un caméo dans le film. Pourtant, tout cela participe au côté totalement décomplexé de cette curiosité artistique. Il y a beaucoup de nudités, mais l’esthétique du film est incroyablement romantique. Certains passages comme le débat entre un dieu et un mortel sur l’orgasme féminin relèvent du délice, tout comme ce moment où le personnage de Narcisse attire tous les humains qui gravitent autour de lui. C’est une œuvre étrange, drôle et poétique qui confine parfois à l’absurde et même au ridicule. La magie opère pour ceux qui veulent bien y croire.

Metamorphoses - VERDICT

Par FMA le

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