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Masters of Sex, saison 3

La maître du jeu

De l’étude des rapports sexuels, il n’en reste plus grand-chose au terme de la troisième saison de Masters Of Sex. Tout juste si la série s’efforce de nous rappeler qu’elle s’appuie vaguement sur les travaux révolutionnaires du Docteur William Masters, et de sa collaboratrice Virginia Johnson. Classique, mais pas pour autant inintéressante, la série de Showtime s’appuie sur un ensemble de personnages qui reflètent chacun à leur façon les problèmes de leur époque. En tête d’affiche, c’est avant tout le Docteur Masters qui s’attire les lumières des projecteurs : un homme pitoyable, rongé par de vives blessures.

La pilule doit être difficile à avaler pour Showtime, mais il faut se rendre à l’évidence : Masters Of Sex n’est pas (et ne sera jamais) l’héritière symbolique de Mad Men. Non seulement parce-que la série n’a jamais eu un dixième de la subtilité de l’oeuvre de Matthew Weiner sur AMC, mais elle n’est jamais parvenue à livrer un récit aussi fulgurant. Il s’agissait d’ailleurs du principal problème des deux premières saisons, qui servaient principalement à dresser le cadre atypique de cette étude novatrice sur les relations sexuelles. Le cul, ça fait vendre. L’amour, beaucoup moins. Et pourtant, c’est en s’éloignant de son thème principal que la série est arrivée à trouver un rythme finalement convenable. Le plus gros du travail ayant été accompli par les principaux intéressés et le succès étant au rendez-vous, Masters Of Sex s’est tout simplement concentré sur les relations entre ses différents protagonistes. Un bond dans le temps de plusieurs années, c’était l’ellipse nécessaire pour ne pas se répéter et renouveler quelque peu une série qui a tendance à se répéter. Inutile de se leurrer, le show se concentre toujours plus sur les relations romantiques et professionnelles entre William et Virginia, au risque de sacrifier le peu d’originalité qu’il lui restait. Un nouveau virage qui n’est pas pour déplaire, puisque cette troisième saison s’affiche comme la meilleure de toutes, notamment dans le traitement des échanges de fluides et de paroles entre les deux personnages principaux. Pour une fois, il semblerait que les scénaristes avaient une vision claire et précise de la direction qu’ils souhaitaient prendre, au point de conférer une véritable unité narrative à cette nouvelle saison. Entre les excès de pouvoir de William, l’émancipation progressive de sa femme et de sa maitresse, son incapacité à exercer son rôle de père et ses soucis mégalomaniaques, Masters Of Sex dresse le portrait d’un antihéros dans toute sa splendeur.

Il faut avouer que Michael Sheen fait toujours un excellent travail dans le rôle principal. L’acteur parvient avec une facilité déconcertante à rendre attachant un personnage antipathique au possible. Le docteur Masters a tout de la pourriture ambulante. Il utilise sans aucun remord son entourage et n’hésite pas une seule seconde à les sacrifier sur l’autel de sa réussite. Pourtant, lorsqu’il se retrouve au pied du mur, fracassé psychologiquement par un père qui l’a poussé dans ses derniers retranchements durant son enfance, William devient pitoyable, attachant. Quand bien même il délaisserait sa famille, répétant ainsi les erreurs de son père, quand bien même il mettrait tout en œuvre pour empêcher sa collaboratrice de pleinement réussir, il demeure profondément attachant. Désormais, Masters Of Sex est donc moins l’histoire d’une révolution des mœurs que celle d’une révolution amoureuse. C’est le mariage qui est remis en question, son utilité, ses motivations. Le docteur Masters en est conscient, c’est ce qui lui vaut un excellent discours sur l’impossibilité de quantifier le sentiment amoureux. On pourrait effectuer de nombreux reproches à l’égard de la série. En plus de s’éloigner totalement des personnages réels sur lesquels elle s’appuie, la production de Showtime a des allures parfois quelconques, comme si la chaîne câblée avait simplement effectué une commande banale d’un show qui se situerait quelque part entre les années 60 et 70. Certes, l’originalité est aux abonnés absents. Mais c’est oublier que la maîtrise de l’exécution est parfois plus jubilatoire que le risque de se planter misérablement sur l’autel de ce qui n’a pas encore été fait.

Masters of Sex S03 REVIEW 01

Par Sholid le

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