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Marco Polo, saison 1

Diviser pour mieux régner

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la série de Netflix a divisée. Déglinguée sans sommation par la majorité de la presse internationale, le grand mal de Marco Polo est d’avoir souffert de la comparaison avec une autre série historique bien en vogue, qui sévit depuis quelques années sur la chaine HBO. Vous voyez où l’on veut en venir ? Comparer Marco Polo à Game of Thrones relève pourtant de l’hérésie la plus totale, et va forcément desservir le show de Netflix qui a pourtant quelques belles cartes à jouer. De toute évidence, la série est loin de s’élever à la hauteur de ses ambitions (et par extension de son budget hors norme de 90 millions de dollars), mais ce n’est pas pour autant que vous en viendrez à gaspiller 10 heures de votre précieux temps, si par le plus grand des hasards vous auriez envie de vous y aventurer.

Non, Marco Polo n’est résolument pas l’une des séries de l’année. Elle en avait pourtant le potentiel, du moins sur le papier. Les décors sont à couper le souffle, les costumes offrent une invitation constante au voyage, tout comme la photographie s’avère impeccable. Pas de doutes : Netflix a tenu à y mettre les formes. Visuellement, l’épopée du jeune explorateur vénitien est un choc. Une réussite totale qui plonge tête baissée dans l’imaginaire somptueux de son fameux Livre des Merveilles, une œuvre majeure de la littérature du 14e siècle, qui a dévoilé aux yeux du vieux continent le mode de vie, les richesses, et l’opulence de l’Asie centrale et orientale. La célèbre route de la soie, un axe commercial historique qui relie l’actuelle Turquie, jusqu’à la cité de Chang’an au fin fond de la Chine. On y découvre le destin de l’emblématique empereur Kubilai Khan, petit fils de l’illustre Gengis Khan, fondateur du grand Empire Mongole. Une dynastie qui se caractérisait par sa férocité sur le champ de bataille, mais aussi par l’avancement social dont elle faisait preuve, notamment en termes de traitement de la femme. Un Empire immense, presque irréel, qui fait encore aujourd’hui l’objet de tous les fantasmes. En témoigne le scénario de l’excellent Uncharted 2, qui marchait sur les traces de Marco Polo et Kubilai Khan.

La matière était donc bien présente. Il n’aurait dans le fond manqué qu’un vrai enjeu pour faire de Marco Polo une fiction digne d’intérêt. Au-delà du dépaysement perpétuel, l’épopée du jeune vénitien s’appuie sur des mécaniques déjà ultras rodées. Le stratagème du cliffhanger est utilisé à foison, et ne masque pas le fait que la série soit dans le fond assez prévisible. Mensonges, trahisons, manichéisme : il y avait clairement quelque chose de plus novateur à faire du côté du scénario. D’autant plus que l’action a un peu tendance à avancer à pas de tortues, tout en multipliant les intrigues secondaires qui ne sont pas non plus d’un grand intérêt. Mis à part celui d’offrir un prétexte pour dégainer de la belle asiatique à poil, quelques scènes de combats bien senties, voire carrément les deux en même temps (oui oui). Bien que l’on doute de l’intérêt scénaristique de ces derniers, il faut bien reconnaitre que les affrontements chorégraphiés nous ramènent directement à un certain Kill Bill (toutes proportions gardées). Le côté grand spectacle est ici totalement assumé, chose qui n’est clairement pas pour nous déplaire. Tout comme la plongée politique et sociale dans l’un des plus grands empires de l’histoire. N’en déplaise aux critiques américains qui n’ont vu que la moitié des épisodes.

Marco Polo S01 - VERDICT

Par Fox Mulder le

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