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Man of Steel

Acier Trempé

Après la fin tonitruante de la trilogie The Dark Knight, le reboot du plus grand de tous les superhéros était largement (trop ?) attendu. L’objectif était de déringardiser Superman et de le faire redevenir une idole pour le peuple américain. (Super) force est de constater que dans sa nouvelle tenue et dans une production comprenant Nolan et Znyder, le résultat est agréable, spectaculaire mais reste bien trop conformiste. Man of Steel remplit sa tâche : un spectacle aussi puissant que son héros, avec ses forces et sa faiblesse : la kryptonite.

STEEL THERE

L’homme d’acier est dans la place. Nouveau look, nouvel acteur, nouveau réalisateur. Superman a déjà gagné son premier combat, redevenir « in ». Les étapes de modernisation lui ont permis de gagner en crédibilité même si, pour un héros extraterrestre, rien ne sert d’en vouloir faire un Superman crédible vu qu’il sort tout droit d’un film de SF. Le slip rouge a donc disparu et on ne saurait dire si ça a vraiment changé quelque chose à notre perception un peu kitch de Superman. C’est en fait Henry Cavill qui redore le blason du héros. Cet acteur typiquement hollywoodien d’origine britannique prête sa carrure héroïque avec brio. Fade pour certains, l’acteur a pourtant prouvé dans Les Immortels qu’il avait le physique pour endosser un rôle de héros. Et pas seulement sur le point physique, puisque Clark/Kal-El est montré sous sa forme la plus humaine au début de l’histoire. Sa forme la plus sensible. Le récit s’attarde longuement sur la psychologie et les questionnements du héros afin d’en apprendre plus sur son parcours. Un cheminement qui va l’amener à comprendre et accepter qui il est réellement et quel choix il doit faire. Comme par exemple sauver ses camarades de la noyade, mais laisser mourir un proche… Ou encore intervenir dans l’explosion d’une plateforme pétrolière dans une scène magnifique. C’est sous forme de flashbacks (assez mal amenés il faut le dire) que l’on découvre les différents évènements marquants de la vie du héros.

MAN OF STYLE

Le nouveau mythe de Superman se met en place dans sa plus belle expression : celle de son rapport à l’être humain. Car le film ne cesse de le rabâcher. Superman est un alien. Un petit homme vert qui est en fait grand et bleu et qui aime les humains même s’il ne sera jamais comme eux. Et c’est son père adoptif Jonathan Kent joué par l’admirable Kevin Costner qui va l’aider à devenir ce qu’il doit être. M. Costner encore dans un rôle de fermier et qui en émotionnera plus d’un encore ici. Superman est donc devenu pour ses diverses raisons un brin plus sombre et mélancolique qu’à l’accoutumée. Même si clairement il reste ce gentil bodybuildé, un peu niais et un brin ringard. Alors que la première moitié du film est une vraie réussite de narration et d’intensité, toute la partie qui suit tient seulement d’un déferlement d’effets spéciaux qui délaisse certains points qui auraient pu être intéressant. La découverte du costume, par exemple, déçoit tant elle est amenée subitement. Pas d’appréhension des pouvoirs pour Clark Kent non plus. Mais cela a trait sûrement au fait que DC Comics donne plus d’importance aux personnages qu’à ses pouvoirs, à l’inverse de l’univers Marvel.

SUPERMAL

Tout ce qui nous intriguait et nous captait pendant les premières minutes du film était dénué d’effets spéciaux massifs et était pourtant largement passionnant. En fait, le tournant a lieu quand Kal-El se rase la barbe pour devenir Superman. A partir de là, tout devient lisse, conformiste, cliché, alors que tout avait été pour l’instant très frais. Ce cliché se retrouve beaucoup dans les personnages secondaires et dans le script. Le personnage important de Loïs Lane est à l’image du découpage du film. Au début très forte, indépendante, et intéressante, puis se résume à un rôle de pot de fleur en deuxième partie. La mère adoptive de Superman ne brille pas non plus par sa présence. Une psychologie des personnages sacrifiée sur l’autel de l’action foutraque à la fin. Bien que divertissant, la fin fait presque sourire tant Superman n’a plus aucune retenue pour détruire son ennemi Zod, joué par le superbe Michael Shannon au passage. La moitié de la ville est rasée et le cri de rage de Superman fait profondément cliché. Au final, Man of Steel est uniquement un blockbuster qui fait le travail qu’on lui demande. Et la déception est d’autant plus grande que les bandes-annonces avaient laissé percevoir un Man of Steel bien plus mature et abouti. Peut-être pour la suite déjà annoncée ?

Man of Steel n’est pas le film révolutionnaire annoncé mais s’inscrit en toute logique comme le meilleur long-métrage de super-héros depuis The Dark Knight. La première partie du film est un régal. Narration inventive, scènes de bravoure, analyses sociétales sur la gestion de la différence… Mais le réalisateur n’a pas pu s’empêcher de faire tout péter à la fin. Snyder n’a pas le brio pour rendre Man of Steel aussi porteur de réflexion que la trilogie Dark Knight de Nolan. Et en dépit des attentes, il n’est rien d’autre qu’un blockbuster classique.

Man of Steel - VERDICT

Par FMA le

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