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Mama

Chaleureuse et morte

Comme pas mal de bons réalisateurs naissants, c’est par le biais du court-métrage qu’a commencé la carrière de Andres Muschietti. En compagnie de sa sœur Barbara (avec laquelle il est très complice), ils avaient élaboré un très très court-métrage de 3 minutes appelé Mama. Malgré les modestes moyens de diffusion en possession de la famille Muschietti, un certain engouement s’était créé autour de cette mini histoire d’une petite fille liée à un fantôme. Cinq ans plus tard, le scénario s’est étoffé pour tenir 1h40 qui, tout en se voulant toujours effrayant, nous prodiguera bien d’autres émotions.

PSYCHOSE

Tout commence par deux petite filles sanglées à l’arrière de la voiture familiale, après que papa vienne de péter les plombs, et ait déglingué ses collègues de bureau ainsi que sa femme (et oui, la crise ça rend fou). Un peu désorienté au volant de son véhicule, le néo-meurtrier psychopathe en perd le contrôle pour terminer contre un arbre au fond d’un ravin (évidemment, la grosse berline à 60 000$ est foutue). Indemne, le trio familial se réfugie dans une cabane qui semble abandonnée. Après s’être accordé un petit moment, le paternel Desange, constatant la gravité et l’irréversibilité de la situation, décide de supprimer ses filles avant lui. C’est là qu’intervient in extremis celle que l’on imagine la locataire des lieux: une forme flottante, fluette et chevelue, qui grâce à une prise de catch réalisée dans les règles de l’art, met fin à la folie meurtrière de l’homme. Se retrouvant donc à devoir s’occuper de deux gamines de un et trois ans.

RIVALITÉ

Visuellement, on notera à chaque plan une volonté de bien faire de la part de Muschietti. Même lorsque les filles seront rendues à leur oncle, l’emménagement fera penser à un spot publicitaire d’agence immobilière. À force d’esthétisme, il arrive de paraître aseptisé. Même Mama est magnifiquement filmée, certaines prises de vue, appuyées par une musique efficace, lui donnent une gestuelle poétique. À d’autres moments, elle apparaîtra de façon inopinée, réussissant ce pourquoi elle a été inventée: vous effrayer. Le cordon sentimental du film sera la rivalité entre le fantôme et la complicité naissante des gamines envers leurs nouvelle tata. Celle-ci sera incarnée par Jessica Chastain. L’actrice américaine et personnage principal, offre une prestation aussi intéressante qu’inattendu. Dommage que ce soit au service d’une histoire plutôt convenue. Malgré tout, l’antagonisme des deux femmes crée un parfum malsain et prenant.

Avec beaucoup d’esthétisme, Mama déploie un éventail d’émotions qui, sans être transcendant, reste porté par des acteurs crédibles. Sobre et esthétique, le film (qui par ailleurs a remporté le grand prix du jury au festival international du film fantastique de Gerardmer) est aussi agréable à l’œil qu’à l’esprits. Et malgré un final qui pourra sembler pathétique, on se laisse emporter bien volontiers dans cette fable fantastique.

Mama - VERDICT

Par gianni77 le

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