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Maggie

C'était presque ça

Il serait extrêmement convenu de s’étaler sur la tendance des bouffeurs de chair. Chaque époque vit avec ses mythes, chaque époque se regarde dans ses créatures imaginaires, trouvant le triste constat de ses peurs les plus profondes ou établissant la critique d’une société dans laquelle rien ne va jamais vraiment bien. Sous ses faux airs de fresque post apocalyptique, Maggie fait le choix audacieux de ne pas céder aux sirènes du genre, ce qui lui rend la tâche d’autant plus complexe. Le propos n’est pas d’une grande subtilité et on devine très rapidement que le premier film de Henry Hobson n’est ni plus ni moins qu’une œuvre sur le deuil parental. Un premier essai qui n’est clairement pas transformé, mais qui partait pourtant d’une bonne idée.

L’adolescence est coupable d’un bon nombre d’actes irréfléchis. Maggie vient d’en faire la lourde expérience. Alors que le territoire américain est frappé d’une épidémie sans précédent qui foudroie ses contaminés en quelques jours, l’héroïne du film décide de s’aventurer hors de sa campagne natale, dans les rues crasseuses d’une ville qui symbolise la civilisation. Le film s’ouvre sur Wade Vogel, le père de Maggie, qui retrouve miraculeusement sa progéniture sur un lit d’hôpital. Le diagnostic est sans concession : dans moins de deux semaines, Maggie ne sera plus qu’une coquille vide, voguant au rythme de la chair fraiche, qu’elle soit humaine ou animale. Contrairement à bon nombre de ses ainés, le film choisit de ne pas s’appuyer sur une déconstruction des fondements de la société, mais plutôt une déconstruction des codes moraux. Les organes vitaux du gouvernement semblent intacts : hôpitaux, écoles, forces de l’ordre, tout est suffisamment efficace pour maintenir cette contamination. Le mal est plus profond, plus psychologique que physique et offre un questionnement touchant sur notre rapport à la mort. Au risque de délaisser ses personnages secondaires et de n’en faire que des figurants engagés pour combler l’image, Maggie s’appuie sur une relation traditionnelle entre un père (joué par Arnold Schwarzenegger) et sa fille (interprété par Abigail Breslin). On le voit venir de très loin, le rapprochement que vous tentez de faire depuis le début. Mais permettez-moi de diluer encore un peu le propos avant de m’attaquer à cette singulière source d’inspiration. À travers cette relation et ce virus foudroyant, Maggie dresse avec une certaine humilité une situation dramatique au demeurant : celle d’un parent qui se voit dans l’obligation d’enterrer prochainement sa fille, l’une des plus grandes tragédies que l’être humain puisse connaître.

Le virus du nécroambulisme n’est qu’un outil de dramatisation qui permet de dresser les enjeux et conséquences d’une adolescence contaminée par une maladie incurable. Imaginez Maggie atteinte d’une leucémie, d’un cancer, d’une maladie orpheline, le propos sera le même et sera tout aussi touchant. L’une des principales attractions du film reste bien entendu Arnold Schwarzenegger, qui officie dans un rôle qui ne lui demande pas d’exploser tout ce qui se trouve en travers de son chemin. On pourra dire ce que l’on veut de cet acteur, de ses talents et de sa filmographie qui comporte bon nombre de navet : sa présence et son charisme sont des gages d’intérêt. Sa prestation est d’ailleurs surprenante. Toujours dans le juste ton, il n’en fait jamais trop et permet au film de ne pas tomber dans un pathos navrant. Ce qui est ennuyant par contre, c’est le manque d’ambition scénaristique du film, sa lenteur et sa réalisation qui ne font mouche qu’à de très rares occasions. C’est regrettable, car l’analogie première de l’œuvre est assez bien trouvée et lui permet de se distinguer de toutes les productions du genre. Mais après avoir posé les bases de son scénario, Maggie ne fait que se répéter et n’offre jamais cette progression symbolique attendue. Un peu comme si le cerveau du réalisateur était lui-même contaminé et qu’il ne se contentait plus que d’avancer au gré de son instinct. Beaucoup de personnes ont érigé Maggie comme étant un film fortement influencé par le magnifique The Last Of Us. La ressemblance n’est pas anodine puisque Henry Hobson a assuré la réalisation du chef d’œuvre de Naughty Dog. Néanmoins, les deux œuvres ne partagent qu’une certaine ressemblance, celle de deux cousins éloignés qui auraient un parent commun au second ou troisième degré. Et malheureusement pour Hobson, pas une seule fois son film ne parvient à tutoyer la justesse et la beauté de la relation unissant Joel et Ellie.

Maggie - VERDICT

Par Sholid le

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