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Cela fait maintenant sept ans que les Mad Men de New York sévissent sur AMC, la chaîne qui produit entre autres Breaking Bad et The Walking Dead. Le show collectionne les récompenses autant que les critiques dithyrambiques, et ce n’est pas avec cette sixième saison que cela risque de s’arrêter. Entre retranscription historique, sociale et morale, la série de Matthew Weiner dépeint l’inévitable chute de son personnage principal, Don Draper, dans une saison centrée sur l’importance des liens familiaux et de la transmission d’un patrimoine.

STERLING COOPER & PARTNERS

Entre 1967 et 1968, de nombreux événements ont changé à jamais le visage des États-Unis. Les assassinats de Martin Luther King et Robert Kennedy ne manquent pas de choquer le peuple américain, au même titre que la violence des manifestations à Chicago suite à la convention nationale démocrate. Alors que l’oppression est de plus en plus présente, les employés de Sterling Cooper Draper Price gèrent leurs vies de la même façon qu’ils gèrent leur entreprise : de manière chaotique !  Marqués par le paysage politique et social, les différents protagonistes sont spectateurs d’évènements qu’ils ne contrôlent que lorsqu’ils mettent en marche leur poste de télévision. Et quand cela ne suffit plus, tous (ou presque) tombent dans la débauche d’une cure revitalisante, qui cache en fait un cocktail de drogue détonnant. En résulte un épisode mémorable qui marque aussi l’avènement des substances illicites et l’annonce d’un changement d’époque. La drogue, ce n’est pas le seul nouvel arrivant dans les bureaux de SCDP. Cependant, mieux vaut vous laisser tout le loisir de découvrir les réponses à ces deux questions : Qui et Comment ? Au rang des nouveaux venus, on retiendra surtout l’excellent Bob Benson, un personnage semblable à Don, qui cache bien son jeu et qui transpire de charisme. Il est cependant dommage de constater que plusieurs personnages emblématiques de la série sont relégués au second plan, à l’image de Joan et Roger Sterling, qu’on aurait aimé voir bien plus souvent à l’écran. Autrement dit, le casting se renouvelle, même si les gros piliers demeurent dans les locaux de l’entreprise.

DON SANS FAMILLE

Les plus aigris diront que Mad Men nous joue toujours la même partition : Don Draper a de plus en plus de mal à gérer Don Whitman, sa véritable identité. Usurpateur jusqu’au bout des doigts, le « Creative Director » ne se reconnait plus. L’illusion est défaillante, ce que bon nombre de Flashbacks tentent de nous faire comprendre. Cette sixième saison est un énorme puzzle qui forme une géante interprétation qui tisse les histoires d’absolument tous les personnages de l’histoire. La famille, voilà ce qu’il y a de plus important. De Don Draper jusqu’à son clone raté Pete Campbell, l’ensemble des protagonistes vit au rythme des péripéties familiales, des liens qu’ils tissent avec leurs semblables. Mais Don n’a jamais eu de famille à proprement parler. Récemment marié, on l’avait quitté sur une note négative, prêt à replonger dans l’adultère. Ses infidélités ont repris de plus belle dans cette saison, après une année rangé du bon côté. Les relations qu’il entretient tant bien que mal avec ses enfants se dégradent, notamment avec sa fille Sally, qui lui avoue ne jamais l’avoir véritablement connu. L’importance des origines, des racines et de son passé trône au dessus de tout, jusqu’à une scène finale lourde de sens. Don pourrait paraître antipathique, tant il semble déterminé à poursuivre son autodestruction, sa descente aux enfers qu’il noie dans des litres d’alcool, phénomène de plus en plus préoccupant qui pourrait bien jouer un rôle clé dans l’ultime saison de la série, programmée pour l’année prochaine.

Aussi agréable à suivre que subtile à décoder, cette sixième saison de Mad Men s’inscrit parfaitement dans la continuité de la série, et prépare doucement le terrain pour la fin qu’on attend avec fébrilité. Il y aurait tant à dire, tant à interpréter des actions et des conséquences de chacun que la tâche en devient vertigineuse. Voilà le signe qu’on est en présence d’un objet d’exception, d’une série majeure qu’il est encore et toujours impardonnable de rater.  

Mad Men 06 - VERDICT

Par Sholid le

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