Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

Luke Cage, saison 1

Moment of Truth

Marvel et le Hip-Hop, ce n’est pas une histoire qui date d’aujourd’hui. Si la relation évoluait à sens unique il y a quelques années (le rap y puisant une partie de ses références), la tendance semble s’équilibrer depuis quelques années. Quand le comics Deadpool s’inspire de Run The Jewels pour l’une de ses couvertures, cela ressemble à un juste retour des choses. Ces deux sphères culturelles ont de commun qu’elles peinent encore à être considérées comme des modes d’expression à part entière. Alors quand Method Man débarque dans une série Marvel pour cracher un freestyle élogieux dédié au héros éponyme, tout en taclant les Avengers, la symbolique est terriblement puissante. Une symbiose qu’on aimerait bien fêter avec Luke Cage, influencé par le hip-hop, mais qui est rapidement gâchée par un trouble-fête de taille : l’ennui.

Inutile de revenir sur tous les problèmes de société qui secouent les États-Unis pour saisir l’importance d’une série consacrée à Luke Cage. Afro-américain, héros malgré lui, persona non grata de Harlem, le troisième des futurs Defenders porte sur ses épaules le poids de toute une population et d’un discours inévitablement politique. Certes, la série est un produit formaté par Marvel et Netflix, qui s’inscrit dans un projet de grande envergure (réunir Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist au sein d’une même série), mais certains de ces choix en font justement une œuvre dépassant le cadre de son simple statut de divertissement. Luke Cage est une série qui prend position, que ce soit dans son hommage au groupe Gangstarr (chaque épisode tient son titre d’un son du célèbre groupe de DJ Premier et de Guru), dans son choix d’opposer la population aux forces de l’ordre ou dans la symbolisation qu’elle effectue du hoodie. Avec ses antagonistes qui utilisent le pouvoir politique afin de servir leurs propres intérêts, la nouvelle série de Marvel propose un discours qui fait terriblement écho à l’actualité. Un noir qui résiste aux balles, qui peut éjecter n’importe quel flic ou truand à l’aide de quelques phalanges, ne peut que représenter une forme de protestation. Amputé d’une quelconque force de conviction, Luke Cage anéantit toutes ces thématiques en moins de temps qu’il ne lui en faut pour les amorcer.

Il y a définitivement un peu de The Wire (plusieurs acteurs de la série culte occupent d’ailleurs un rôle) dans cette première saison de Luke Cage, mais il n’y a jamais la finesse, la portée, ni même l’intérêt qu’on pouvait y trouver dans la série de David Simon. Ces brides sont à imputer au Marvel Universe qui ne peut se permettre un discours trop politique, trop polémique. Après tout, on parle quand même d’une entreprise qui génère chaque année suffisamment de pognon pour subvenir aux besoins d’un pays en voie de développement. Outre la sensation de regarder une série inaboutie, cette première saison est surtout lassante et manque cruellement d’enjeux. Quand bien même elle tenterait d’affaiblir son personnage principal ou d’épaissir ses antagonistes, elle reste sacrément conventionnelle dans le développement de ses arcs narratifs. Pourtant, derrière ces pauvretés scénaristiques réside tout même une idée qui mériterait un meilleur traitement : celle de dépeindre, à travers le Marvel/Netflix Universe, les problématiques d’une ville de New York plus proche de notre réalité. Face à cette première saison, on se contentera d’afficher la même mono-expression que son héros : impassible, infaillible, indifférent.

luke-cage-s1-note-web

Par Sholid le

Plus de lecture