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Lovelace

Love Less

On se passera bien volontiers de ce biopic sur celle qui délivra en 1972 la pipe qui a révolutionné l’histoire du porno. Linda Lovelace n’était pas juste la gorge la plus connue d’Amérique, c’est aussi le symbole de l’explosion de toute une industrie. Et si le film s’attèle à dépeindre avec une relative concision les différentes facettes de la femme derrière la hardeuse (elle était en réalité violée, prostituée et poussée de force dans l’industrie par son mari de l’époque), il sombre néanmoins dans un propos lisse et consensuel. Faisant ironiquement de Lovelace le premier métrage sur le X à sombrer dans une infinie morale.

La triste histoire de l’emblématique actrice constituait pourtant un potentiel considérable. Issue d’une famille fortement ancrée dans des valeurs catholiques strictes, la jeune femme est dès son plus jeune âge partagée entre son enduction conservatrice et l’aire d’émancipation qui plane sur l’époque. Plus tard elle se mariera avec Chuck Traynor, qui lui cachera dans un premier temps son vrai visage de maquereau violent et avide de succès. La première partie du film ne s’attarde d’ailleurs que sur le récit bête et méchant de l’histoire, avant de revenir sur les différents sévices subits par la jeune femme tout au long de son mariage. C’est d’ailleurs ici que le film se trouve un semblant de profondeur. Seulement, la rupture ne prend pas vraiment. Pire, elle se retrouve noyée dans un océan bienpensant qui tend à rejeter le malheur de la jeune femme sur l’industrie du porno, autant que sur Traynor lui-même. Le duo de réalisateurs Epstein / Friedman se perd alors dans un ton ultra-moralisateur qui se contente de reprendre bêtement les arguments dégainés par la jeune femme dans son livre Ordeal, qui reste une pièce majeure du mouvement féministe anti-pornographie de l’époque.

Or l’exploitation de ce contexte politique et social se révèle bien trop anecdotique pour vraiment peser dans le propos. Pour plus de background, on préfèrera largement le docu Inside Deep Throat qui s’attarde avec brio sur l’émergence des Blue Movies de l’époque, le début de l’instrumentalisation des chairs, et de l’ère Playboy. On retrouve d’ailleurs le taulier Hugh Hefner joué par un James Franco qui déballe une belle panoplie de connard ambulant. Niveau casting, Lovelace est d’ailleurs loin d’être en reste. Impossible de ne pas saluer la perf discrète, mais relativement efficace d’une Sharon Stone méconnaissable aux côtés d’un Robert Patrick au top, qui incarnent parfaitement le thème de la rupture intergénérationnelle au sein de la famille. Mais c’est bien la belle Amanda Seyfield qui s’attire les faveurs des réalisateurs, qui n’hésitent pas à la scruter de l’objectif dans de multiples postures toute plus suggestives les unes que les autres. C’est justement là que réside l’énorme hypocrisie de ce film. Lui qui passe son temps à mettre tous les maux de Linda sur l’industrie du plaisir, ne crache pourtant pas sur les nombreux topless de son héroïne. À ce stade, c’est clairement l’hôpital qui se fou de la charité.

Lovelace - VERDICT

Par Fox Mulder le

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