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Les Poings Contre Les Murs

Claque Carcérale

On pense à tort avoir tout vu dans l’univers des prisons entre les nombreux films américains d’évasion, les exploits de Bronson, le prophète d’Audiard. Pourtant, voilà une nouvelle claque venue d’Angleterre. Ici il n’est pas question d’un nouvel arrivant qui doit faire ses preuves, mais d’un mineur ultra violent qui se retrouve en prison avec son paternel. Le résultat est plus que poignant.

Il faut parfois peu de plans pour être convaincu d’un long-métrage. Ici, ce sont ceux d’Eric Love, un prisonnier mineur interprété par Jack O’Connell (vu dans la dernière saison de Skins), qui a clairement l’étoffe d’un grand acteur. Son personnage est tellement violent qu’il est transféré dans une prison pour adultes où son père purge aussi sa peine. Ce qui imprègne tout de suite le spectateur, c’est le réalisme. Le film a été tourné dans une vraie prison en Irlande du Nord, et le scénario écrit par un thérapeute qui a travaillé dans une maison d’arrêt à Londres. Deux points essentiels qui permettent au métrage de s’éloigner de pas mal de clichés du genre. Même si Les poings contre les murs n’échappe tout de même pas aux sujets récurrents de la violence entre détenus, des matons un peu souples sur les règles et d’une administration incompétente. Heureusement, le film se concentre sur le point de vue intérieur d’Eric Love… qui ne porte décidément pas bien son nom. Eric n’a vraiment rien pour donner ou recevoir de l’amour. Il a été abusé par un pédophile (qu’il a cependant massacré avec ses poings à 12 ans), puis abandonné par ses parents et placé dans un foyer.

Il n’avait donc que très peu de chances d’échapper au déterminisme, et céda au crime très jeune. En atterrissant en prison, il ne semble même pas effrayé. Dès le premier jour, il fracasse des têtes de gars influents et réussit à résister à une horde de matons. Son comportement le met dans une situation dangereuse vis-à-vis des caïds influents, mais grâce à son père et à un thérapeute, Eric bénéficie d’une protection inattendue. Malgré tout, sa violence est difficilement contrôlable, comme lorsqu’il se retrouve à menacer de bouffer les couilles d’un gardien qu’il tient dans la bouche. Tout est vraiment là pour se sentir à fond dans ce film nerveux, souvent drôle et captivant. La relation père-fils extrêmement complexe et touchante donne quelque chose d’original. Aucun lien ne les a jamais unis, et c’est dans cet univers hostile, où il ne reste presque rien des rapports humains, qu’ils vont apprendre à se connaître. Le réalisateur maîtrise extrêmement bien son sujet et finit en beauté sur un plan d’un portique métallique grinçant. Le plus impressionnant reste tout de même Jack O’Connel, électrique, habité par son rôle le temps d’un huis clos savamment orchestré.

Les poings contre les murs - VERDICT

Par FMA le

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