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Les Combattants

Humour d'Apocalypse

Quand le cinéma français nous offre un film de grande qualité, il en devient tout de suite bien plus puissant que tout le cinéma mondial, notamment américain. Chauvinisme sûrement mais quel plaisir de pouvoir être fier de la production de Thomas Cailley, dont c’est seulement le premier long-métrage. Les Combattants représente une forme magnifique de cinéma, qui nous touche et nous surprend par son originalité, sa subtilité et son humour décapant. Mais la grande qualité du film est avant tout sa singularité.

Dès le début du film, l’humour s’installe durablement. Un croquemort explique les différences de cercueil à deux fils qui viennent de perdre leur père. Le comique de situation arrive avec l’un des fils (Arnaud, le frère du protagoniste) qui fait une comparaison pointue des différents bois. Forcément, ils sont tous les deux menuisiers. Premier rire ! Pour la suite, pas de doute c’est un film français. Le récit se situe sur une ville côtière qui rappelle nos vacances à la plage, la parole est très franche, très terre-à-terre, et les acteurs sont tellement bien dans leurs rôles qu’il est difficile de parler de jeu. De véritables pince-sans-rire qui ne se rendent pas compte de l’absurdité de leurs comportements. La singularité des Combattants se situe d’abord dans cet humour ravageur. Mais le réalisateur, Thomas Cailley maîtrise aussi largement la mise en scène. De la musique au rythme du moindre plan, tout a été pensé avec soin. Le film a l’élégance de dissimuler tout ce travail dans une fraîcheur revigorante. Enfin la dernière singularité c’est l’histoire d’amour marginale entre Arnaud, un menuisier un peu niais, et Madeleine, garçon manqué attiré par le survivalisme (préparation à la fin du monde). Le charme fou des interprètes, Kévin Azaïs et la très juste Adèle Haenel, fait également beaucoup de la réussite des Combattants. Les deux vont se détester, se rapprocher, se re-détester et finir par survivre dans la forêt après un stage militaire. C’est un récit amoureux loin de toute représentation habituelle qui se crée à l’écran.

L’humour, l’amour et enfin l’apocalypse. Un peu à la manière d’un Take Shelter, la fin du monde n’est ici qu’une évocation, sans besoin d’effets spéciaux. Elle est symbolisée par un gros nuage noir. Si le cinéma contemporain raffole de cette idée selon laquelle le monde cavale à sa perte, il n’est pas si fréquent que les films trouvent la bonne distance pour évoquer le début de la fin. Les Combattants en fait partie. Mais c’est avant tout de l’ordre de l’anecdote pour simplement amener les deux protagonistes à créer leur relation si particulière. Ce premier long-métrage distribue du pur bonheur pendant 1h42. Thomas Cailley aborde pourtant des choses graves comme la destruction de l’homme par l’homme ou l’ultra-individualisme mais avec un humour tendre et acide. L’impatience nous suit aussi tout du long, car il semble inévitable que le duo magnifique finisse par s’étreindre dans un ébat sauvage et amoureux. Si le film débute bien, tient la route pendant 1h30, il réussit aussi une très belle conclusion, musicale et sous un beau lever de soleil. Arnaud et Madeleine frôlent l’amour comme ils frôlent la mort. Le message final est optimiste mais il ne se veut pas du tout pompeux, explicatif ni moraliste. C’est un dynamitage en règle de toutes les bienséances, sociales et cinématographiques qui fait que le long métrage ne ressemble à rien de connu jusqu’à présent. L’œuvre chaleureuse méritait la Palme d’or, obtenu pourtant par le très froid Winter Sleep.

Les Combattants - VERDICT

Par FMA le

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