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La Vie d’Adèle

Bouche à lèvres

Après les très nombreuses polémiques autour des conditions de travail ainsi que l’obtention de la Palme d’or au dernier Festival de Cannes, la promotion de La vie d’Adèle était assurée. Un buzz médiatique si fort que le réalisateur Abdellatif Kechiche ne voulait plus sortir son film dans les salles françaises. C’est pourtant chose faite : l’occasion d’enfin découvrir ce très long-métrage (3h) qui a fait l’unanimité devant le jury du Festival de Cannes.

EN ATTENDANT GOUDOU

Libre adaptation de la BD « le bleu est une couleur chaude », Kechiche propose une atmosphère située entre la poésie de Marivaux et le langage cru de la jeunesse. On est dans le monde de l’adolescence dans toute sa splendeur. Et c’est là qu’on retrouve la jeune Adèle, garçon manqué qui mange des Kebabs et remonte sans cesse un pantalon trop large. On comprend rapidement (au bout de quelques minutes) que l’histoire sera uniquement vécue sous l’angle d’Adèle. Ses spaghettis, ses siestes, ses sentiments. Tout est fait pour que le spectateur se sente le plus proche possible de cette jeune fille. Et c’est donc avec elle qu’on redécouvre les joies du lycée. Période à laquelle le conformisme est de mise et que la sexualité ne peut aller que dans un sens. Les ados se mettent la pression à eux-mêmes et aux autres pour avoir leur première relation sexuelle. Agir différemment serait prendre le risque de s’exclure de son groupe de pairs. Une situation de mal-être pour Adèle qui se sent de plus en plus attirée par les filles. Son attrait se confirme quand elle rencontre Emma, une peintre aux cheveux bleus. C’est le début d’une belle histoire d’amour, et c’est aussi la découverte de l’intolérance des « autres » par rapport à son orientation sexuelle. Adèle réussit tout de même à enfin s’épanouir dans les bras de sa compagne pour qui elle devient la muse.

THE L WORLD

La passion dévore les corps des deux femmes. Les très longues et intenses scènes sexuelles en sont le plus révélatrices. Trop intimes peut-être, mais jamais vulgaires. Le réalisme criant des ébats des deux filles porte à confusion. Est-ce réel ? Non ! Tout a été simulé et les actrices portaient des moulages de leur propre vagin. Les passages sont si chauds que le film a été interdit aux moins de 17 ans aux États-Unis. Il ne faut cependant pas oublier le caractère sensuel de ces moments là. Et s’il y a une chose que l’actrice Adèle réussit parfaitement à faire ressentir, c’est le désir qu’elle éprouve. Une envie qui s’exprime par sa bouche (réel objet de fétichisme du réalisateur). À travers cet amour débordant, Kechiche veut bien faire comprendre une chose : ce qui importe c’est le lien passionnel entre deux individus quelque soit leur sexe. La vie d’Adèle n’est pas un film militant pour la cause homo mais une histoire d’amour où on oublie qu’il s’agit de deux femmes. Et c’est grâce à cette vision que La vie d’Adèle balaye tous les clichés qu’un tel sujet aurait pu contenir. Adèle passe de l’adolescente à la femme et de l’ambiguïté de sa sexualité à l’affirmation de son désir. On assiste à un combat psychologique contre elle-même : assumer son homosexualité. Un choc intérieur violent qui pousse souvent l’héroïne au mensonge. Ce qui aboutira à la dispute déchirante entre Emma et Adèle. Véritable climax d’émotion et de violence.

Grâce à sa recherche de vérité cinématographique, Kéchiche rend l’aventure d’Adèle parfaitement crédible. C’est un véritable docu-fiction sur l’éveil à la sexualité d’une jeune femme. Adèle, personnage attachant, est jouée par l’actrice Adèle Exarchopoulous qui a sacrifié son corps et son être pour ce rôle. Tout comme Léa Seydoux qu’on sent terriblement investie dans son personnage d’Emma. La vie d’Adèle bénéficie d’une aura particulière qu’on ne pourrait expliquer, mais qui l’inscrit forcément dans les annales du cinéma français.

La vie d'adele - VERDICT

Par FMA le

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