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12 Monkeys, saison 1

Singer le père

Il n’aura pas fallu plus d’un épisode pour que la série 12 Monkeys dynamite tout l’intérêt du film dont elle s’inspire. Ce qui est à la fois une bonne chose, et d’une profonde tristesse. On aurait pu éviter de retomber dans une transe totalement justifiée sur le long-métrage du génial Terry Gilliam. On aurait même pu vous épargner les poncifs sur la carrière du cinéaste devant et derrière la caméra. Brazil, Las Vegas Parano. Et puis l’Armée des douze singes, perdu quelque part dans l’année 1995. Un film qui n’a clairement pas volé son statut de gros classique de la science-fiction. Vous pouvez même oser parler de putain de chef-d’œuvre, personne ne vous en voudra. Tout ça pour dire qu’il faut des idées béton, beaucoup d’audace, et une grosse dose de détermination pour passer après ça. Trois qualités qui manquent cruellement à cette série.

C’est néanmoins difficile d’en vouloir à la nouvelle production de Syfy, qui a au moins eu l’intelligence de tout faire pour rendre la comparaison la plus difficile possible. Un univers parallèle, des acteurs qui n’ont rien à voir, une esthétique bien moins low fy que l’univers barré de Terry Gilliam. Tout ce qu’il reste du film original, c’est finalement le postulat de départ : le monde agonise, la race humaine vient d’être dépouillée de 99% de ses membres tombés sous le joug d’un terrible virus, et bien entendu, un homme est envoyé dans le passé pour stopper le virus, et accessoirement sauver notre bonne vielle humanité. La tentative de s’éloigner de l’ombre colossale du long-métrage est louable, hélas, on perd dans le procédé une bonne partie de ce qui faisait l’intérêt de l’Armée des douze Singes. Un film dans lequel la santé mentale du héros est constamment remise en cause. La prestation de Bruce Willis est d’ailleurs bourrée de paradoxes et de contradictions (l’une des ses meilleures performances quand on y pense), qui nous font nous interroger sur la véracité de la chose tout au long des deux heures du film. Cette histoire de voyage dans le temps existe-t-elle vraiment ? Ou est-ce le délire d’un homme défoncé de l’intérieur, façon Shutter Island ? Une interrogation qui n’existe pas dans la série. En seulement 45 minutes, la showrunner Natalie Chaidez a tué le père.

D’entrée de jeu, la ligne entre la série et le film est tracée. Tout est vrai. Là où le film de Terry Gilliam brouillait sans cesse les pistes, la série affiche ses couleurs haut et fort, et annihile au passage toute notion de subtilité. Le fantastique est ici pleinement revendiqué. L’exemple le plus probant reste la manière dont le héros James Cole est rappelé dans le futur. Là où Bruce Willis disparaissait discrètement dans les bois (et surtout hors champ), la série fait se volatiliser son héros sous le regard médusé de sa complice dans le passé, qui n’a plus aucun doute sur la véracité de son histoire. Tout l’intérêt des 12 épisodes restants réside donc dans les multiples tentatives de James Cole pour intercepter le virus et sauver le monde. Et c’est justement là que ça se gâte. Bien que la série ne manque pas de bonnes idées (comme le fait d’avoir remplacé le rôle de Brad Pitt par une femme), l’ensemble tourne en rond assez rapidement. Le schéma est toujours le même : Cole tue quelqu’un dont la mort est censée sauver le monde, mais ça ne marche pas. Alors il vole un truc, mais ça ne marche pas non-plus. Alors il détruit un labo, mais ça ne marche toujours pas. Autant dire que ce manège hypnotique a vite fait d’étouffer le peu de curiosité qu’il vous reste à propos de cette série. Une déception, qui était plus ou moins courue d’avance.

12 monkey - VERDICT

Par Fox Mulder le

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