Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

Orange is the New Black, saison 3

Parfaitement imparfaite

Relativement confidentielle à ses débuts, Orange Is The New Black a gravi l’échelle de la popularité au point de devenir l’un des principaux arguments de vente de Netflix. En apparence, rien n’a véritablement changé, si ce n’est la disparition de quelques protagonistes et l’apparition de nouveaux personnages censés insuffler une brise de nouveauté au sein des murs du pénitencier de Litchfield. Pourtant, c’est dans sa tonalité que la série de Jenji Kohan a effectué sa mue. Moins dramatique, plus comique, mais toujours centrée sur ces femmes aux multiples personnalités, Orange Is The New Black n’est plus la même série qu’à ses débuts. Et c’est sûrement là que se situe le plus gros problème de cette nouvelle saison.

Lorsque Piper Chapman foulait le sol de Litchfield pour la première fois, c’était avec une appréhension certaine. Celle de ne pas maîtriser les codes d’un univers dont la froideur n’a d’égal que la volonté de ses habitants à dévorer le moindre être en perdition. Le spectateur n’était pas étranger à la détresse de cette femme, punie par la société, jugée par son entourage, privée de nourriture par la chef de cuisine qui n’appréciait pas ses commentaires négatifs et maladroits. Merde, on avait envie de chialer pour Piper, quand bien même son comportement l’amenait à croquer le fruit défendu en trouvant réconfort dans les bras de son ancienne compagne, elle aussi détenue. Après plusieurs mois de détention, Piper n’est plus la même, tant sur le plan psychologique que dans son rôle au sein même de la série. L’occasion pour le spectateur de réaliser que la protagoniste principale n’est qu’une vaste excuse à découvrir une palette de figures aux caractères bien trempés. Dans son attitude et dans l’intrigue qui lui est réservée, Piper est devenu un antagoniste à part entière. L’évolution est logique, tout comme le recul est nécessaire pour réaliser que les graines de cette mutation existent depuis le tout début de la série. Piper est un caméléon, la preuve même qu’il lui était obligé de s’imposer et de gonfler son jeu pour s’assurer des nuits paisibles en attendant sa libération. Ce que le personnage gagne en indépendance à travers une entreprise de culottes souillées, il le perd irrémédiablement en empathie, au point d’en devenir quasiment détestable. Le final est sans appel : Piper pourrait disparaître de la série au terme de cette troisième saison, le monde entier s’en taperait le cul par terre. L’idée n’est pas improbable, d’autant plus que son temps d’apparition à l’écran est en nette diminution.

Alors la série fait le choix de laisser plus de place aux rôles secondaires, de leur offrir plus de profondeur, plus d’importance. Une belle manière pour le show de tenir en haleine le spectateur tant ces personnages sont façonnés avec soin. Les dernières images de la saison sont assez révélatrices du dessein entrepris par la série : elle pourrait durer éternellement en renouvelant son casting, du moment que les histoires et les profils restent divertissants. Pour le moment, ce sont les mêmes têtes qui reviennent, avec de nouvelles péripéties et de nouvelles histoires à raconter. Ces éternels retours expliquent de différentes manières la façon dont ces femmes sont devenues ce qu’elles sont. Surprenante dans sa thématique principale, cette troisième saison fait le choix judicieux d’explorer les rapports parentaux entre les mères et leurs progénitures. La cohésion est alors tenue jusqu’au bout, prouvant une fois de plus qu’Orange Is The New Black est un laboratoire d’observations et de considérations sociétales fascinantes. De ce point de vue, la production de Netflix est encore une fois une belle réussite. Et d’un autre côté, la création de Jenji Kohan est devenue un monstre à la tonalité sinueuse, pour ne pas dire inconsistante. Sans crier gare et durant une majeure partie de cette nouvelle saison, la série s’est prêtée à des réjouissances comiques. Non pas qu’elle ne l’ait jamais fait. Bien au contraire, cela fait partie de son ADN. Mais le registre comique a toujours été justement mis en œuvre avec des péripéties dramatiques qui lui conféraient une ambivalence excitante. C’est d’ailleurs dans ces fulgurances presque tragiques que la série parvenait à tutoyer les sommets. L’équilibre a définitivement été perdu cette saison, au risque de déjouer négativement les attentes de spectateur déjà conquis par la série.

Orange is the New Black S03 - VERDICT

Par Sholid le

Plus de lecture