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Aquarius, saison 1

Love Generation

Aquarius fait partie de ces séries qui s’apprécient d’abord sur le papier. Vous n’avez même pas encore lancé le premier épisode que tout semble être déjà réuni pour vous brosser dans le sens du poil. David Duchovny est là. Charles Manson est là. Et la promesse d’une traque sanglante au cœur de la Love Generation se fait de plus en plus pressante. Très sincèrement, tout le monde sera d’accord pour dire qu’on s’est déjà emballé autour d’une série pour bien moins que ça. On voyait d’ailleurs assez mal ce qui pouvait aller de travers. Et justement : il n’y a rien. Rien ne va de travers, puisque rien ne se passe vraiment. À vrai dire, on attend toujours que la série démarre au terme de son treizième épisode.

Avant ça, c’est l’encéphalogramme plat. Ou presque. On ressent bien quelques palpitations lorsque Duchovny enfonce les os de sa main dans le crâne de Manson sous un déluge d’hémoglobine, ou bien lorsque le jeune Gourou complexé dégaine sa lame de rasoir à tout bout de champ. Mais il faut bien dire que l’ensemble manque d’enjeu. C’est un petit peu comme si vous lisiez un polar, et que la scène d’exposition s’étalait jusqu’à la moitié du bouquin. Comme le hors-d’œuvre bourratif avant le plat de résistance que nous attendons tous : la secte, les meurtres, Sharon Tate, et enfin la traque. La véritable réussite de cette saison se trouve dans l’exploitation toute particulière du personnage de Manson. Au-delà du type dérangé et drogué H-24, les scénaristes semblent avoir pris un malin plaisir à dynamiter le feu cauchemars de l’Amérique puritaine, en dévoilant la carcasse du type qui se planque derrière le mythe. Manson n’est pas une figure forte. C’est un angoissé de la vie, un complexé maladif, un égocentrique sans morale qui tire son unique force des faiblesses des autres. Quel que soit leur âge, ou leur sexe soit dit en passant. Un trait qui force autant l’admiration que le profond dégout. L’interprétation tout en ambigüité de Gethin Anthony rend d’ailleurs justice à ce personnage complexe. Tout est fait pour que vous l’aimiez dans un épisode, pour mieux le haïr la seconde suivante. Ce que la série parvient en tout cas à expliquer avec une clarté limpide, c’est que Manson a clairement une revanche à prendre sur le monde civilisé.

Une société riche et superficielle incarnée par la famille Karn. Ces gens-là n’ont presque plus rien de vrai. Le père est un homosexuel refoulé qui n’assume pas son rôle de patriarche, la mère est une précieuse égocentrique et vénale, et la fille, Emma, est une gamine normale de 16 ans coincée dans une prison dorée. Sa rencontre avec Manson fera l’effet d’un électrochoc. En une nuit, l’homme va bouleverser sa vie jusqu’à un point de non-retour. C’est d’ailleurs l’autre réussite d’Aquarius : montrer que les disciples de Manson ne sont pas tous des attardés mentaux. Pour lui, Emma est à la fois un amour, un trophée, et une arme redoutable. C’est d’ailleurs avec sa « disparition » que débute la série. Le détective Sam Hodiak étant mandaté pour la retrouver, et fera la rencontre de Manson. Hélas, la montée en puissance tant espérée n’a pas lieu. La série traine des pieds, et s’éloigne doucement de la traque de Manson au profit d’enquêtes plus procédurales. L’occasion pour les scénaristes de traiter de sujets épineux de l’époque (comme d’aujourd’hui) : le racisme, le sexisme, l’homophobie… Une fois de plus, ce n’est pas fondamentalement mauvais. D’autant plus que la soundtrack hippie résonne sans cesse, tout comme les sapes d’époques et le filtre un brin sépia, histoire de rappeler que ça ne se passe pas dans les années 2000. Un souci du détail qui nous empêche de totalement claquer la porte à Aquarius. D’autant plus que les prochaines saisons s’annoncent bien plus prometteuses. On est encore loin d’avoir eu le fin mot de l’histoire. Et c’est tant mieux.

Aquarius - VERDICT

Par Fox Mulder le

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