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Justified, saison 5

Les corbeaux et le Renard

Voilà déjà 5 saisons que Justified régale. Et chaque année c’est toujours un peu la même histoire. Comme une maison de vacance qu’on aime retrouver tous les ans, à la différence notoire que celle-ci se terre dans les bas-fonds boueux du Kentucky et de l’Amérique profonde. Sur place, vous savez exactement ce que vous allez trouver : des criminels rednecks hauts en couleur, une narration sans détour, et ce bon vieux Marshall Raylan Givens, avec sa dégaine de cow-boy faussement désabusé. Les ingrédients ne sont pas nouveaux, mais vous savez d’emblée que ça va être de bonnes vacances, pour la simple et bonne raison qu’il faut bien plus qu’une partie de gendarme et voleur pour provoquer la fidélité inconditionnelle de millions de téléspectateurs. Car Jutified ne fait pas que régaler, elle y met aussi l’art et la manière.

N’importe quel fan vous le dira, pour faire une bonne saison de Justified, il faut avant toute chose un ennemi à la mesure de Raylan Givens. Un type qui lui file assez de fil à retordre pour que ça devienne personnel. Généralement une figure d’autorité charismatique, qui a la main mise sur tout un régiment de petites frappes. Cette formule, elle vient directement de Fire in the Hole, la nouvelle du grand écrivain récemment décédé Elmore Leonard, qui marque le début de la série. On y faisait la rencontre de Boyd Crowder, un ancien mineur néo-nazi, artificier à ses heures perdues, qui planifiait d’atomiser un bâtiment des impôts avec son lance roquette fétiche. Il est un peu le double maléfique de Raylan, maniant sa rhétorique aussi aisément qu’un pain de C4, et dont les monologues toujours aussi jouissifs brisent le cliché de l’illettrisme d’une Amérique profonde et raciste. Quatre saisons plus tard, le duel fratricide entre Boyd et le Marshall est pourtant mis en suspend au profit des Crowe : une famille de malfrats tout droit sortis des Everglades, dont le cousin Dewey vient d’empocher une coquette somme en indemnités. Face à cette assemblée de rednecks rentre-dedans et opportunistes, le Marshall n’a d’autre choix que dégainer son numéro inimitable de cow-boy solitaire, qui parle doucement, ne répète jamais rien deux fois, et qui finit toujours fatalement par descendre tout le monde. Cette coquille, bien qu’elle ai tendance à accentuer l’image d’homme increvable, reste un solide lien d’attachement pour le personnage de Raylan.

Quant aux Crowe, ils incarnent parfaitement l’idée du mauvais choix scénaristique au premier abord, mais qui s’avère payant sur le long terme. On regrette cependant de ne pas voir toute la partie du trafic d’organe dépeinte dans Raylan, le dernier livre de Elmore Leonard. Les Crowe y montaient une opération juteuse, consistant à droguer des gens pour leur voler un rein avec l’aide d’une infirmière peu scrupuleuse. Reste une intrigue toujours aussi bien ficelée, qui se joue constamment des clichés, et à titre de comparaison, infiniment plus subtile qu’un épisode de Banshee. Cette configuration de famille criminelle n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’excellente saison 2, avec les Bennets. Preuve s’il en est qu’il y a bel et bien une formule Justified, et surtout qu’elle fonctionne toujours aussi bien. On parle du plaisir de retrouver ces longues conversations avec un revolver braqué sous le bureau, dans un monde où l’on dit ce qu’on fait, et on fait ce que l’on dit. Là où une promesse est une promesse, et où la parole d’honneur est sacrée. Il y a bien quelque temps mort, des intrigues secondaires moins fortes, comme celle de Ava Crowder, qui ne donne rien de plus sur la survie en milieu carcéral féminin qu’un Orange is the New Black. Plus généralement, on est face à une saison correcte, avec son lot de scènes qui donnent envie de lever les bras. On ne peut que regretter le manque d’interactions entre Boyd et Raylan, puisqu’il s’agit bien là tout le propos de Justified. Ce duel au sommet, il sera pour la sixième saison. La dernière.

Justified S05 - VERDICT

Par Fox Mulder le

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