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Jurassic World

Pop-corn Time

John Hammond, le créateur fictif de Jurassic Park, est le double de Steven Spielberg. Ce vieux monsieur grisonnant n’avait qu’une ambition : celle de faire rêver des millions de personnes au sein d’un espace restreint. Les dinosaures sont une source de fantasme inépuisable, à la fois parce qu’ils nous précèdent sur le sol que nous frayons continuellement, mais aussi parce qu’ils sont inexorablement inaccessibles. La fiction est le seul et unique moyen de leur offrir la seconde vie qu’ils méritent. Exposer leur férocité et leur intelligence, c’est nous mettre face aux petites merdes que nous sommes. À l’image des visiteurs du Parc, ces ancêtres sont sûrement la seule et unique raison pour laquelle vous regarderez Jurassic World. Le reste est imparfait, superflu, mais ne détourne jamais le regard de ces attractions fascinantes.

Jurassic World aura donc mis plus de dix ans avant de voir le jour. L’attente suscitée par cette suite directe du premier épisode est compréhensible, tant Jurassic Parc est l’un des piliers de la culture populaire et de la filmographie de Steven Spielberg. Quelques notes et la musique est immédiatement reconnaissable. Un logo, le cri d’un T-Rex et ce sont des dizaines de souvenirs qui remontent à la surface. Ces souvenirs, Jurassic World ne cesse de jouer avec. Était-il nécessaire de balancer autant de références à Jurassic Parc ? Pas vraiment. Le film ne se détache jamais de l’héritage de son aînée et distille minute après minute des clins d’œil assez grossiers, mais toujours sympathiques à repérer. Si la réalisation de Colin Trevorrow est quelconque, on ne pourra que saluer l’effort pour ne pas avoir céder aux coupes de plan à tout va dans la droite lignée d’une grande partie des films d’action actuels. Au lieu de ça, Jurassic World offre quelques moments savoureux, à l’image de cette course poursuite improbable entre l’Indominus Rex (un dinosaure génétiquement modifié) et Chris Pratt accompagné de son gang de Velociraptors. Inutile de chercher une quelconque logique scientifique et narrative à cette scène, puisqu’elle bouleverse complètement le statut de ces bêtes sanguinaires qui traumatisaient les sales mioches de Jurassic Parc. Malgré quelques soucis de rythme, le film monte en puissance au fur et à mesure, multipliant l’apparition de ces créatures fascinantes et toujours aussi impressionnantes, disparues il y a plusieurs millions d’années. Jurassic World est un fantasme pelliculaire pour petits et grands, un film de science-fiction sans prétention, si ce n’est celle d’offrir un bon moment. Et s’il est très difficile de lui refuser ce statut puisqu’il n’est pas profondément mauvais et qu’il offre son lot de scènes jouissives, il est tout aussi difficile de fermer les yeux sur certains faux pas.

Disons que Jurassic World est un film qui regarde trop souvent dans le rétroviseur, au point d’en oublier de passer la vitesse supérieure. Jouer sur la fibre nostalgique ne suffit pas à faire oublier des erreurs à s’en frapper le lobe frontal continuellement. Le film possède un capital de sympathie indéniable, c’est certain. Mais cela ne suffit pas à effacer des tics scénaristiques aussi vieux que l’extinction des dinosaures. C’est donc naturellement (et à la non-surprise générale) que Bryce Dallas Howard (en charge des opérations majeures du parc) tombe dans les bras de Chris Pratt (un dompteur de Velociraptor) en plein milieu du film, concrétisant le passé romantique inintéressant des deux protagonistes. C’est incompréhensible, voir franchement agaçant de constater qu’un film sorti en 2015 s’appuie encore une fois sur la sempiternelle théorie des contraires qui s’attirent. Non seulement le film n’avait pas besoin de cette romance bidon, mais il se vautre en plus dans sa mise en scène. Mesdames et messieurs les scénaristes : personne n’avait besoin de voir les deux personnages principaux se regarder dans le blanc des yeux à de multiples reprises, alors que le film possède déjà un atout universel : des putain de dinosaures. C’est du gaspillage de pellicule, qui aurait pu être rentabilisée à épaissir le scénario. La réflexion est aussi valable pour le traitement qui est accordé aux antagonistes. Le manichéisme est ambiant, l’homme est un loup pour l’homme alors que la nature finit toujours par retrouver son équilibre. Ce jeu des chaises musicales entre les décideurs et les exécuteurs n’apporte rien au film, si ce n’est des rebondissements convenus. Les rouages narratifs de Jurassic World sont rouillés, un comble pour un Parc d’attractions qui joue sur la modernité. Malgré tout, et pour citer un membre de la rédaction dont je tairais le nom, la musique est excellente, les dinosaures ont de la gueule : impossible de rester insensible à ces deux tangentes à moins d’être un profond chien de la casse. Voilà qui est dit.

Jurassic World - VERDICT

Par Sholid le

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