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Interstellar

Œuvre intemporelle

Il ne s’agit sûrement pas d’une règle universelle, mais les films autour de l’espace ont toujours un caractère fascinant. Quasi mystique. Après le choc visuel de Gravity l’année dernière, l’annonce d’Interstellar donnait une impression de déjà-vu. La différence entre les deux métrage est cependant de taille, et elle porte le nom de Cristopher Nolan. Soit l’un des cinéastes les plus marquants de sa génération, que l’on retrouve aux commandes du vaisseau Interstellar. Le résultat est un choc intersidéral, où le temps s’étire sans jamais nous lasser. Tout comme Inception, Interstellar est un blockbuster cérébral, d’une grande complexité apparente. Un film qui fera sûrement l’objet d’un culte dans les années à venir.

Christopher Nolan se confronte au fantôme de Stanley Kubrick avec génie. Alors que Inception était un voyage intérieur dans les couches les plus enfouies du cerveau, Interstellar se tourne vers l’extérieur de notre système solaire. Tout commence dans la campagne profonde du Texas. Un décor plus ou moins aride où s’entremêlent cultures de maïs et tempêtes de sable. Un peu à la manière de The Rover ou Young Ones, l’espèce humaine est en proie à sa perte dans un assèchement total des ressources alimentaires. C’est dans ce milieu rural où la plupart des êtres humains se sont reconvertis en agriculteur que prend place une histoire avant tout familiale. À croire que Spielberg, qui devait à la base réaliser le film, a laissé son empreinte de bons sentiments et de valeurs familiales. Cooper le héros, dont la posture est hautement glorifiée, est un ancien ingénieur et pilote de vaisseaux spatiaux obligé de faire pousser du maïs. Mais après avoir été choisi dans des conditions mystérieuses, il se voit propulsé dans une aventure spatiale hors du commun. Son objectif ? Trouver une nouvelle planète habitable. Il quitte alors femme et enfant, peut-être pour toujours. Au-delà du fait que l’on ai le plaisir de retrouver un Matthew McConaughey au sommet de son talent, le film se fait avant tout la fable du sacrifice humain. Des conséquences qu’il induit, et surtout de ses vertus. Christopher Nolan déploie une œuvre de deux heures cinquante sur l’instinct de survie et la relativité du temps, dont il explore jusqu’au vertige les perceptions humaines. L’une de ses grandes qualités est aussi son sens de la pédagogie : il arrive à intégrer avec fluidité une complexité scientifique et philosophique dans un blockbuster bourré d’effets visuels.

Une partie de la réussite du film s’appuie sur son esthétique visuelle. Toujours grand défenseur du format IMAX, le cinéaste a encore une fois repoussé les limites de son art. Il continue de tourner en pellicule, vénérant les décors naturels, préférant les techniques prénumériques pour retransmettre les images les plus étonnantes de son film. L’équipe des effets spéciaux a elle aussi fait un excellent travail, lors de scènes qui hantent nos mémoires longtemps après le film. Comme cette vague de 1000m qui déferle sur l’une des planètes explorées. On pourrait aussi évoquer la grande mise en abyme visuelle, stupéfiante, et inédite que représente le dénouement. Certaines images font souvent penser à Inception. Parfois un peu trop même. Mais qu’importe, puisque la prouesse visuelle laisse aussi place à une narration émouvante qui maltraite votre pression sanguine. Interstellar est plein de suspense, émaillé de coups de théâtre et de rebondissements. Entrecoupé de passages déchirants comme on n’en voit plus dans les superproductions actuelles. Il n’est pas rare de penser tout fort quelques « Wow » bien révélateurs. Les claques se multiplient, et la transe admirative s’installe peu à peu. L’impact émotionnel de ces phases démontre aussi la puissance du cinéma de Nolan, cinéaste obsédé par les pliures dans le temps et ses effets qu’il exerce sur les êtres. Et comme d’habitude pour émailler le tout, le chef d’orchestre Hans Zimmer donne la dimension incroyablement épique et inoubliable à cette production. Des défauts, il en existe plusieurs. Notamment dans certains dialogues, ou bien dans cette surenchère du casting (tous les rôles sont tenus par des acteurs très connus). Le long-métrage peut sembler bavard, ou prônant une philosophie de bas étage. Mais la fascination des images, leur portée humaine et universelle sont trop fortes pour vous empêcher de vous délecter d’un film qui vient directement d’entrer au panthéon du cinéma mondial. Oui, rien que ça.

Interstellar - VERDICT

Par FMA le

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