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Inherent Vice

Psychédélique

The Master, There Will Be Blood, Magnolia, Boogie Nights vous évoquent peut-être quelque chose. Il s’agit des œuvres adorées (ou détestées) du célèbre Paul Thomas Anderson. Ne pas confondre avec Wes Anderson. Quoi qu’il arrive, The Inherent Vice fera aussi partie des films qui divisent. Certains diront que la weed aurait dû être interdite lors de l’écriture du scénario, d’autres (probablement déjà sous l’influence) diront qu’il s’agit d’un chef-d’œuvre. Une chose est sûre : The Inherent Vice est une œuvre clairement affirmée et maîtrisée esthétiquement parlant. Joaquin Phoenix et Josh Brolin forment un duo hilarant, Katherine Waterston est hypnotisante et la musique fait planer (Chuck Jackson, CAN, Sam Cooke). Un bémol peut-être ? Oui, l’histoire.

Inherent Vice
, c’est un peu comme les premières lattes d’un bon joint. D’abord l’extase, puis la lente descente où la fatigue vient pointer le bout de son nez. Au réveil, vous ne savez pas vraiment ce qu’il s’est passé, mais cela n’enlève en rien tout ce qui fait le talent du film. Difficile d’illustrer mieux que ça la sensation que donne le nouveau P.T.A au bout de 2h29. Les premiers effets de ce nouveau long-métrage provoquent le rire. Un résultat garanti par l’incroyable prestation de Joaquin Phoenix, peu habitué des rôles comiques. Il est d’autant plus drôle qu’il est sincère dans sa proposition du hippie détective privé répondant au nom de Larry « Doc » Sportello. Je vous laisse déjà imaginer que la plupart de ses réflexions et recherches se font sous l’effet de weed, cocaïne, héroïne, gaz hilarant. Ce qui donne une ampleur désopilante à la plupart de ses interventions censées êtres sérieuses. Mais le summum de l’humour repose dans la rencontre avec le personnage du flic appelé Bigfoot (Josh Brolin) pour ses origines amérindiennes. Ce dernier est en dépression depuis la perte de son partenaire et il charge toute son agressivité contre Sportello. Il lui fait subir de nombreuses humiliations et autres provocations toutes les plus drôles les unes que les autres. En fait, toute la substance humoristique du film repose dans la confrontation entre un Sportello drogué H-24, et des personnages encore plus farfelus. Comme cette femme qui montre la photo de son enfant handicapé à Sportello, qui pousse alors un terrible cri d’horreur. Inherent Vice est presque une comédie, mais c’est avant tout un polar déjanté. Hélas derrière tout ça, il y a aussi une histoire très mal menée qui nuis en grande partie à la puissance du film.

Cette intrigue, c’est la disparation d’un mania de l’immobilier (Michael Z. Wolfmann) qui se révèle être l’amant de l’ex de Sportello (Shasta Fay Hepworth) qui va aussi disparaître, mais pas vraiment, car en fait elle est sur un bateau. Encore là, je ne dis pas tout, mais c’est juste un aperçu du scénario complètement foutraque du long-métrage. Le réalisateur ajoute au fil du récit de très nombreuses informations, détails ainsi que de nouveaux personnages tout en continuant à faire des digressions parfois bien senties. Sauf que le spectateur se perd rapidement. Ce qui est complètement insupportable tant la base d’Inherent Vice est excellente. Il y a une vraie jouissance à visionner cette œuvre, et pourtant 1h30 du film sont perdues dans les méandres d’une écriture trop dense. Le début du film est donc saisissant, la fin est hilarante, mais le milieu est un creux de vague où l’humour laisse place à une succession de scènes sans réels intérêts. Est-ce un parti pris ? L’histoire se veut aussi confuse que le cerveau drogué de Sportello ? The Inherent Vice est-il un spectacle qu’on à plaisir à regarder sans comprendre ? On ne saura pas. Malgré ce gros défaut, le film est une réussite au niveau du casting et de la direction d’acteurs. Joaquin Phoenix se révèle pour la première fois au cinéma extrêmement drôle, ajoutant une compétence à sa palette d’acteurs. Katherine Waterston est sensationnelle dans son rôle d’ex-copine émouvante et perturbante. Elle est réellement hypnotisante. Elle s’illustre notamment dans ce qui s’appelle une scène cul(te) où elle joue incroyablement de son corps, de sa voix pour faire monter la furie et l’excitation chez Sportello qui finit par la prendre sauvagement sur le sofa. Si l’on devait retenir une scène, ce pourrait bien être celle-là.

Inherent Vice - VERDICT

Par FMA le

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