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In the Flesh, saison 2

La mort dans la peau

Dans le contexte d’abondance actuelle de nécrose, il est toujours bon de découvrir une recette alternative à la série de zombie classique. Popularisé par The Walking Dead, le genre est souvent prétexte à laisser s’exprimer un exutoire sanglant et morbide. Souvent extrêmement jubilatoire, il faut bien le reconnaitre. In the Flesh prend le parti d’offrir une vision alternative du problème, en posant une simple question : et si il était possible de ramener les zombies à la vie ? Comment réintégrer dans notre société ceux qui un jour se sont réveillés, ont gratté la terre jusqu’à sentir à nouveau l’air sur leur doigt, avant de revenir dévorer les vivants ? Cette thématique, la courte première saison l’avait superbement explorée tout au long de ses 3 épisodes. Sans surprises, la saison 2 enfonce le clou. Lâchant au passage dans la nature une nouvelle série de zombies prenante, qui se détache de l’ombre colossale des aventures de Rick Grimes.

Antithèse pure et simple de The Walking Dead, cette production anglaise n’était à la base longue que de 3 épisodes. Fort du succès rencontré, la BBC a décidé de rallonger l’expérience, abrogeant au passage le statut de mini-série. Il faut dire que In the Flesh a clairement le potentiel scénaristique de tenir sur plusieurs saisons. Entre surprise et curiosité, l’histoire du jeune Kieren Walker laisse dans un premier temps perplexe. De son vivant, Kieren avait tout du mec chiant à mourir. Bien sous tout rapport, passionné de rien, discret. Invisible. Jusqu’au jour où Kieren s’est mis à ramper hors de sa tombe, avant de bouffer des cerveaux dans un supermarché. Puis Kieren s’est fait capturer, soigner, avant d’être rendu à sa famille comme si de rien était. Défiguré, les pupilles explosées, la peau laiteuse couverte de fond de teint. Subitement, le fils mort et enterré des Walkers était de retour dans sa vielle chambre. La première saison explorait la haine du voisinage, la peur de l’inconnu, et la violence des vivants envers les ex-zombies. Ou plutôt les souffrants du syndrome de mort partielle, comme on les appelles dans la série. Pour la première fois, le mort-vivant n’était plus le prédateur assoiffé d’hémoglobine qui rôde la nuit, ni même le sac de chair putréfiée que l’on éclate sous un parpaing pour décompresser. Ils ne sont rien de plus que les victimes d’une énième forme de racisme.

Cette seconde saison s’attarde sur un phénomène parfaitement naturel, qui se produit lorsque l’on se met à opprimer sans cesse une classe sociale : la rébellion. Lassés des crachats, des violences verbales et des attaques physiques, les souffrants du syndrome de mort partielle se liguent. À leur tête, le charismatique Simon. Sorte de bad boy d’outre-tombe dont l’histoire fait froid dans le dos. Soit encore une fois l’opposé du sage Kieren. Les deux vont pourtant se lier au fil des épisodes, poussant Kieren à sortir de sa coquille, se battre contre l’ordre établi. Le thème est vieux comme le monde, et si on cherche plus loin, on peut y voir beaucoup d’allégories qui font écho à notre propre histoire. Le racisme, la ségrégation et l’homophobie en tête de liste. Au-delà de la série de zombies, In the Flesh se fait le miroir déformé de thématiques plus que jamais d’actualité dans notre monde. La peur de l’inconnu, le rejet de la différence, la haine de l’autre. Ça vous dit quelque chose ? Filmé dans les paysages monochromes de la campagne pluvieuse de l’Angleterre profonde, In the Flesh cultive sa mélancolie, et ménage ses sursauts de violences de manière à ne jamais cesser de surprendre. Ne pas habituer le spectateur. Et pour une fois, faire de la mort d’un zombie à la télé, quelque chose d’autre qu’un pur défouloir.

In the Flesh S02 - VERDICT

Par Fox Mulder le

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