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House of Lies, saison 3

Pêche au gros

Il y a un an, Don Cheadle coiffait l’excellent Louis C.K au poteau en raflant le Golden Globe du meilleur premier rôle masculin dans une comédie. C’était le temps des lauriers, l’apogée pour House of Lies, une série qu’on vous aurait fut un temps recommandé chaudement. Un show minutieux qui affiche tout un attirail bling-bling pour tirer à boulets rouges sur un capitalisme acéré, égoïste, et déconnecté du monde réel. Et puis il y avait cet équilibre parfait entre comédie et drama, qui faisait de la seconde saison un objet télévisuel plus qu’honorable. Hélas, l’illusion ne prend plus vraiment dans cette troisième fournée. Un mélange de déjà-vu, d’une alchimie perdue, et d’une direction incertaine. Reste ce gros majeur levé en filigrane aux mondes de la publicité, du marketing, et du consulting.

La programmation de House of Lies aux côtés de l’excellente saison 4 de Shameless sur la chaine Showtime n’a rien d’innocent. D’un côté les déboires d’une agence de consulting dans un milieu qui pue le fric, rythmée par des rencontres extravagantes de millionnaires dans une Amérique post-crise qui continue à fermer les yeux, tout en brulant des billets verts à la face d’une population dans le besoin. Juste pour le plaisir cynique de pouvoir le faire. Pour le plaisir d’affirmer une réussite aux yeux d’une bande de requins aux égos surdimensionnés qui pensent tenir le monde par les couilles. Et puis de l’autre il y a Shameless, qui dépeint la survie quotidienne d’une famille dans le besoin, forcée à gruger, tricher, voler et arnaquer pour survivre. Et dans les deux cas, on retrouve cette dénonciation dans la comédie. Cette saison de House of Lies accentue d’ailleurs le contraste à son paroxysme, en y intégrant le personnage du rappeur T.I, qui campe un ancien corner boy de Compton devenu CEO. Le jeu entre les différentes classes économiques n’est pas qu’un déclencheur de rire lorsque l’ont voit nos consultants bien sapés se chier dessus dans une banlieue loin du centre-ville, c’est aussi un moyen pour les scénaristes de faire levier, de ramener House of Lies dans le monde réel. Cela n’empêche pourtant pas cette troisième salve d’épisodes d’être moins percutante, et fatalement moins comique.

Dans les saisons précédentes, tout le sel venait de l’alchimie fusionnelle de notre quatuor de consultants. Du charismatique Marty Kaan, à la brillante Jeannie jouée par Kristen Bell, sans oublier le duo de choc Clyde & Doug qui étaient tout deux au sommet de leur art. Les échanges autrefois vifs et percutants, sont hélas ici souvent coupés courts par des remontrances du passé. Des altercations entre collègues qui sonnent souvent faux, car la série n’a tout simplement pas le temps de s’y attarder. On pense à cette histoire avec Rosco, le fils de Marty qui n’est là que pour combler les blancs. Là où le personnage formait un excellent miroir (bien que déjà vu) de la gestion de la paternité et du travail, aujourd’hui il n’existe que pour nous faire partager sa crise d’ado pourri gâté. Plus généralement, le sentiment de voir la série brasser du vide se fait de plus en plus réel. On en vient parfois même à se demander si House of Lies n’est pas devenue l’incarnation même de ce qu’elle dénonce (ou bien de ce qu’elle célèbre on ne sait plus trop). À savoir le culte du rien, la démonstration pure et simple et les grands discours vides de sens pour appâter le client. Reste ces adresses à la caméra savoureuses, bien avant que Kevin Spacey ne les démocratise dans House of Cards. Et puisqu’une vérité nue est toujours mieux qu’un mensonge habillé, on conclura sur le fait que cette troisième saison de House of Lies est dans le meilleur des cas, bien loin des attentes qu’elle avait suscitées. Dommage.

House of Lies S03 - VERDICT

Par Fox Mulder le

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