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House of Lies, saison 2

La maison des péchés

Récemment récompensé par un Golden Globe, Don Cheadle ne démérite pas. Il suffit de regarder sa prestation dans cette seconde saison de House of Lies pour se rendre compte de la virtuosité avec laquelle il jongle entre les registres. Comique, dramatique, tragique, rien ne lui fait peur, ni défaut. Un éventail de talents au service d’une série savoureusement satirique sur l’économie américaine qui reprend à sa sauce 3 ingrédients imparables: argent, sexe, et pouvoir.

Marty Kaan (interprété par Don Cheadle) est le leader d’une équipe de consultants en management. Accompagné par Jeannie (jouée par Kristen Bell, alias Veronica Mars), Clyde et Doug, il vole aux quatre coins des États-Unis dans le but d’aider certaines entreprises en perte de vitesse, pour le compte de l’agence Galweather & Stearn. Leur rôle est à l’image de la politique d’Apple : créer du besoin là où il y en a pas, afin d’amasser des liasses de billets verts. Autant dire tout de suite que l’éloquence et le pouvoir de conviction sont les qualités principales requises pour emballer une affaire. Les entreprises pour lesquelles Marty et son équipe bosse sont aussi diverses et variées: d’un casino de Las Vegas à un leader de fabrications de jouets sexuels en tout genre, tout ce qui génère des bénéfices à la hauteur de plusieurs millions correspond à du menu fretin. Format oblige, chaque épisode correspond à une consultation, fondue dans une intrigue principale tout de même beaucoup plus développée que la saison précédante. En effet, blasé par la direction prise par Galweather et Stearn, Marty décide de prendre ses cliques et ses claques et de voler de ses propres ailes. Un plan dont l’exécution se fera lentement et soigneusement, mais qui se finira inexorablement dans la merde.

La première saison de House of Lies avait de quoi déstabiliser le spectateur. Les différents apartés de Marty qui s’adressait directement à la caméra étaient sympathiques, mais brisaient un peu le rythme du show. Les scénaristes ont donc décidé de réduire ces contacts directs avec le spectateur à de simples clins d’œil du héros, qui adresse des regards souvent blasés à la caméra. C’est plus discret et ça renforce l’empathie qu’on éprouve pour Marty, avec cette impression de complicité qui en ressort. Inutile de dire que le procédé est employé la plus part du temps à des fins comiques. Ça tombe bien, puisque House of Lies reste avant tout une comédie, avec de nombreuses scènes qui vous feront lâcher bien plus qu’un sourire. C’est d’ailleurs le reste de l’équipe de Marty qui s’en charge, notamment Doug et Clyde qui forment un duo carrément incroyable, parfois même touchant qui profite cette saison d’un approfondissement bienvenu au fil des épisodes. Cela s’applique bien entendu à tous les protagonistes, mais c’est d’autant plus visible sur Doug & Clyde, qui se contentaient d’occuper les rôles de guignols de service lors de la saison précédente. Même le personnage de la sensuelle Kristen Bell monte en puissance. La marque d’un casting jamais décevant, dont le charisme se repend même jusqu’aux antagonistes.

Dans cette seconde saison, les épisodes sont moins détachés, et l’intrigue principale gagne en cohérence. C’est tout simplement beaucoup plus passionnant, puisque même les intrigues de second plan sont soignées. La dramaturgie du show ne fait qu’accentuer la critique de la société américaine qui y est dépeinte. Sans pitié, hypocrite et prête à tout, elle est symbolisée par la nouvelle patronne de Galweather & Stearn, un personnage aussi antipathique que détestable. Ses nombreux conflits avec Marty Kaan offrent des moments mémorables, où les deux personnages se prêtent à des joutes verbales violemment calmes. On a envie de lui en mettre une, on a envie de voir Marty lui en mettre une, et pourtant, on se délecte de chacune de ses apparitions. En parlant d’apparition, Matt Damon en fait une remarquée dans un épisode inoubliable où l’acteur de Jason Bourne verse dans l’autodérision pure et dure. Tout simplement mythique ! Les moments mémorables ne manquent pas, et sont souvent portés par Don Cheadle au charisme indétrônable. Bref, il y aurait beaucoup plus à dire sur House of Lies. Mais plutôt que de rester planté là à nous écouter vous en parler, le mieux, ça reste de la regarder. Allez-y, vous ne le regretterez pas une seule seconde !

House of Lies S02 - VERDICT

Par Sholid le

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