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House of Cards, saison 2

Monstre politique

L’idée d’intéresser un public large avec une série fondamentalement ancrée politique a tout du challenge insurmontable. Ça avait pourtant déjà été fait, notamment avec Spin City, À la Maison Blanche d’Aaron Sorkin, ou bien la récente série Scandal. Il n’est pourtant pas uniquement question de politique dans cette nouvelle saison de House of Cards, loin de là. C’est une série de manipulation et d’égo, incarnée par un Kevin Spacey taillé pour le costume d’homme d’influence prêt à tout pour escalader la chaine alimentaire du Capitole. Toujours aussi controversée, cette nouvelle salve d’épisodes joue cependant dans des strates plus subtiles. Subtiles, mais non moins sanglantes.

Ce n’est pas pour rien que l’on voit Frank Underwood jouer au dernier God of War en début de saison. L’homme est un monstre politique, un véritable boucher qui a déjà prouvé à plus d’une reprise qu’il ne reculait devant rien pour gravir les échelons de la maison blanche. Fidèle à lui-même, Kevin Spacey dégage quelque chose de jubilatoire. C’est un tueur à gages au pays des manipulateurs, qui évolue au sein des arcanes du pouvoir comme un vautour flotterait patiemment au-dessus d’un type à l’article de la mort au milieu du désert. La première saison, en plus de distiller un air constant d’auto-satisfaction et de s’écouter parler, avait une certaine propension à rendre Underwood pratiquement infaillible. Malgré quelques plantages devant une caméra, le politicien écrasait ses adversaires comme on écrase une punaise, l’odeur nauséabonde en moins. Il faisait passer tous ses semblables pour une bande d’ignares qui ne rentraient pas dans leurs pompes. C’est un peu moins le cas dans cette nouvelle saison, qui a d’emblée eu l’intelligence de trouver un Némésis à Underwood, en la personne du milliardaire Raymond Tusk, entraperçu dans la première saison. Contrairement aux autres pions du Capitole, Tusk est doué. C’est un player, au sens propre du terme, qui s’immisce dans les affaires d’État à grands coups de billets verts injectés aux bons endroits, doublé d’un carnet conséquent d’amis haut placés.

Pour la première fois, Frank titube. Il encaisse les scandales les uns après les autres, et se retrouve peu à peu forcé à jouer dans une court bien plus extrême. Un jeu dangereux, où la moindre mauvaise décision pourrait avoir raison de tout ce qu’il a bâti sur le dos d’années de manipulations et autres brossages dans le sens du poil. La tension qui en résulte est exaltante, faisant douter le spectateur sur le moindre détail. La paranoïa est telle, qu’on se demande s’il ne s’agit pas de Frank lorsqu’une enveloppe remplie d’une mystérieuse poudre blanche vient à point nommé retarder un vote important. Même sa femme, Claire Underwood révèle des aspects de sa personnalité résolument déterminés. Plus dévouée que jamais, celle que Frank « aime plus qu’un requin aime le sang » s’avère être à plus d’une reprise un atout essentiel dans la manche d’Underwood. Un couple de prédateurs encore plus vicieux à deux, dont les machinations feront rage jusqu’à un final passionnant. La série de Beau Willimon a définitivement pris de l’assurance, et c’est plutôt une bonne nouvelle. Elle n’est plus aussi pompeusement didactique, et se joue moins de ces monologues d’auto-congratulation faits en aparté directs à la caméra. Les adresses aux spectateurs sont résolument plus subtiles. Comme un regard révélateur, qui vaut au final bien plus que n’importe quel discours. Foncez, vous ne le regretterez pas.

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House of Cards S02 - VERDICT

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Par Fox Mulder le

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