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House of Cards, saison 1

Cartes sur table

Kevin Spacey d’un côté de l’objectif, David Fincher de l’autre : on se demande vraiment ce qui aurait pu mal se passer avec la nouvelle création originale de Netflix. Portant un œil hautement critique sur l’exécutif américain, House of Cards a au moins le mérite de dépeindre le célèbre bureau ovale sous un angle inédit, presque shakespearien. Là où manipulations, égos surdimensionnés, et chacun-pour-soi règnent main dans la main. La grande force, mais aussi l’infinie faiblesse d’une série qui aurait clairement gagnée à en faire moins.

Francis Underwood est un pragmatique pur et dur, accroc aux jeux vidéos, friand de prime ribs et accessoirement politicien hors pair. C’est à lui que le fraichement élu nouveau président des États-Unis a promis le poste convoité de Secrétaire d’État. Seulement cette promesse restera vaine, amorçant le premier coup d’un jeu dangereux. Une vengeance que le député va mener d’une main de fer, usant et abusant de coups bas, d’une rhétorique acérée et de faces à faces où rien ne semble pouvoir l’arrêter. Mais il y a quelque chose en plus qu’un homme simplement piqué à son honneur. Une noirceur qui se renferme jusque dans le moindre pli du faciès de Kevin Spacey. Une froideur à toute épreuve, un manque absolu de compassion, et plus généralement une aura qui tiens plus du psychopathe que du politicien manipulateur. On comprend bien vite que Frank Underwood ne joue pas dans la même cour que ses adversaires. Il a choisi le pouvoir à l’argent, utilisant les âmes autour de lui comme des pions : que ce soit la belle journaliste Zoe Barnes, ou le jeune député Peter Russo, dont les démons intérieurs sont autant de cartouches dans l’arsenal d’Underwood. Au-delà du jeu d’échec passionnant dans les plus hautes strates du pouvoir, House of Cards distille cette aura assez folle de thriller sombre, donnant à son protagoniste principal un cachet de tyran en costume sur mesure.

Et c’est justement ce qui cloche : la série en fait trop. Là où elle n’aurait besoin que d’une allusion, House of Cards choisi l’exposé, la démonstration complète du pourquoi et du comment. Lors de nombreuses adresses directes à la caméra, Francis détaille point par point son plan, ses états d’âme, ou bien ses pulsions dévorantes d’écraser les autres. Le spectateur devient son ami imaginaire, un confident, associé privilégié dans l’élaboration de la parfaite machination. Ce n’est pourtant pas toujours nécessaire. Là où un simple regard complice d’Underwood en dirait nettement plus, House of Cards s’écoute parler, elle se rabâche, et tombe dans une autosatisfaction proche de la prétention. Rien que la scène d’ouverture en fait des tonnes : on y voit le député sortir de sa misère un chien qui vient de se faire renverser, tout en expliquant au spectateur qu’on ne va nulle part avec des états d’âme. L’excellente série Boss jouait plus ou moins dans la même cour, avec cependant une plus large place pour la subtilité et les non-dits. On y découvrait le maire de Chicago juste après l’annonce d’une maladie qui allait le conduire à sa perte, début d’un combat à la fois contre les autres, mais surtout contre lui-même. C’est un peu la même chose avec Frank Underwood, il est son plus grand ennemi. Un constat que l’on n’hésitera pas à appliquer à la série elle-même.

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House of Cards S01 - VERDICT

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Par Fox Mulder le

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