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Homeland, saison 4

Renaissance

Il y a encore quelques mois, on n’aurait pas donné cher de la carcasse du show parano de Showtime. Épuisé, à bout de souffle, Homeland était arrivé au terme de son concept pourtant brillant. Aussi bonne soit-elle, l’histoire de Nicholas Brody avait une date de péremption. Le récit du retour de ce soldat, prisonnier de guerre rendu à sa mère patrie était pratiquement déjà résolu en fin de saison 2. Lorsque les derniers doutes sur les motivations réelles de Brody furent balayés d’un revers de la main. Emportant dans leur sillage ce sentiment de tension permanente, les retournements de situations, et le mindfuck incessant qui caractérise si bien l’Amérique post-11 septembre. Il fallait prendre une décision radicale. Et ça a été fait. Affranchis du poids de Brody, Homeland opère ce qui pourrait presque s’apparenter à un reboot, et renoue avec tout ce qui avait fait sa gloire trois ans plus tôt. Dans la douleur, mais au sommet de son art.

Qui aurait cru que la mort d’un personnage emblématique aurait pu avoir un tel effet bénéfique ? Bien qu’elle représente une énorme prise de risque, la rencontre de Brody avec la faucheuse était plus qu’une option envisageable. C’était un mal nécessaire. Lui, le catalyseur de toutes les tensions, amant secret de Carrie Matthison jouant constamment entre les deux camps, était devenu trop important pour rester en vie. Faire pendre Brody au bout d’une corde à Téhéran, c’est se tirer une balle dans le pied pour se donner des ailes. Et le résultat est tout simplement grandiose. Désormais chef de station à Kaboul, Carrie est dans le feu de l’action. Dès le premier épisode, elle doit prendre une décision radicale : lancer (ou non) une attaque de drone sur Haissam Haqqani, une cible prioritaire de la CIA. Bien entendu, rien ne se passera comme prévu, et la jeune femme va se retrouver une fois de plus à l’épicentre d’un carnage politique et humain, qui remet à la fois en cause le rôle des États-Unis dans la guerre en Irak, mais aussi les ambigüités entre le pouvoir établi et les Talibans. La vraie réussite de cette saison, c’est que Homeland fait dans le fond tout ce que l’on attendait d’elle. À savoir dénouer une histoire poignante, où la fiction se fait le miroir subtil d’une crise internationale réelle. Et ce, sans ne jamais prendre réellement parti.

Concrètement, le déroulement de la trame scénaristique n’est pas bien éloigné des mécanismes d’un 24 heures chronos. Des rebondissements en pagailles, une taupe, une prise d’otage, une cellule de crise. Il n’y a rien de neuf là-dedans. À la différence près qu’il n’y a pas vraiment de gentils, ni de méchants, mais du vrai dans les deux camps. Le personnage de Carrie incarne d’ailleurs à la perfection cette dualité. Au-delà de sa condition bipolaire, l’héroïne du show danse constamment entre cette fille attachante qui en a gros, et une connasse manipulatrice prête à tout pour arriver à ses fins. La mauvaise mère égoïste qui tente de noyer son bébé, et la jeune femme torturée effrayée par ses propres démons. L’amie empathique, et la tueuse de sang-froid. Carrie Matthison est plus que jamais la variante de l’équation, sur qui le ciel continue de s’abattre. En bref, Claire Daines n’est pas juste une bonne actrice. Elle est tout simplement époustouflante. Mention spéciale pour une scène de bad trip dont on se souviendra longtemps. Le casting masculin n’est pas en reste. Toujours aussi excellent, l’arc scénaristique autour du charismatique Saul Berenson donne littéralement des sueurs froides. Même constat pour Peter Quinn, le Jack Bauer de l’équipe qui prend un galon extraordinaire. Réinventée, la série d’Alex Gansa ne laisse aucun répit, jusqu’à un final qui a pris tout le monde à contre-pied. Une des spécialités de Homeland.

Homeland S04 - VERDICT

Par Fox Mulder le

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