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Hitchcock

La douche ensanglantée

On dit toujours que les premiers films sont les meilleurs (ah bon?). Peu importe, Sacha Gervasi passe de l’adage à la réalité. Et pour son premier long métrage, le réalisateur n’y va pas par 4 chemins, et décide de s’attaquer à un chantier qui parait démesuré: nous faire revivre la production et le tournage d’un des plus grands films de tous les temps, Psychose ! Sur les traces du plus majestueux réalisateur du 7ème Art, celui que l’on surnomme « le maître du suspens » , Mr Alfred Hitchcock lui-même ! Grâce à un Anthony Hopkins méconnaissable, vivez le quotidien d’Hitchcock comme si vous y étiez ! Ses idées, ses émotions, ses sentiments, tout est fidèlement retranscrit. Peut-être un peu trop sagement.

BIENVENUE CHEZ LES HITCHCOCK

1959. Alfred Hitchcock, alias « Hitch », est au sommet de sa carrière. Il vient de réaliser un de ses plus grands succès, « La mort aux trousses ». Mais notre maître du suspens en voudra plus. Beaucoup plus.  Il veut « Psychose », inspiré du roman « Pyscho » de Robert Bloch. Le début d’une fresque qui dépeint les heures sombres d’un Hitchcock lâché par tous. La Paramount ne croyant pas à la transfiguration cinématographique du roman. Prêt à tout pour réaliser son nouveau projet, il va décider de financer lui-même son film avec l’aide de sa femme, Alman, quitte à mettre en péril leur train de vie aisé en cas d’échec commercial. Psychose à tout prix. Impossible de ne pas très vite remarquer que Sacha Gervasi est un grand fan du réalisateur, tant il a vraiment voulu faire les choses bien (voire un peu trop). Il nous fait vivre avec une mise en scène ingénieuse toutes les étapes de la conception de ce long-métrage mythique. De l’idée originale à la promotion du film, on accompagne le maître du suspens dans ses moindres faits et gestes. En plus de cette réalisation soignée, Gervasi n’hésite pas a caler quelques clins d’œil et références au film original. Voilà qui devrait faire plaisir aux fans d’Hicthcock.

LE MAKING OF DE PSYCHOSE ?

Tout ça c’est merveilleux me direz-vous. UN INSTANT ! Avis aux gens qui croyaient que ce film était un Biopic, et bien non ! On va dire que ce n’est que la moitié d’un Biopic. Ce film n’est qu’un coup de projecteur sur un épisode marquant de la carrière d’Hitchcock. Mais ça vaut quand même le coup d’œil.  A côté du stress et de la pression du tournage, on s’aperçoit que, derrière le génie, il y a un homme comme les autres, tout a fait ordinaire, anxieux et jaloux de sa femme, incarnée par Helen Mirren. D’ailleurs, en parlant de jalousie, le film est rythmé par les nombreuses scènes de ménages de nos deux tourtereaux. D’un côté on a une femme qui reproche à son mari son obsession pour les jeunes actrices blondes toutes fraiches et pomponnées pour ses films. De l’autre, on un mari jaloux, persuadé que sa femme le trompe avec un autre. En plus de ça, on aura le droit aux quelques crises de madame qui reproche a son mari son manque de reconnaissance. Ce qui est un peu normal me direz-vous car elle donne quand même pas mal de coups de pinces à son mari pour ses films. Pfiou !

LE MAITRE DU SUSPENS

Avec tous ses remue-ménages, le film prend de multiple directions, et c’est justement là que ça coince. Au bout d’un moment, on oublierait presque l’essentiel: le tournage de Psychose ! Heureusement le casting qui frôle la perfection est là pour rattraper l’affaire. Combien de temps la maquilleuse a-t-elle passé pour métamorphoser Anthony Hopkins ? Bonne question. Tout ça mérite un bel Oscar non ? Peu importe, Hopkins est tout simplement époustouflant. Emmitouflé dans le surpoids de son modèle, il développe son jeu d’acteur au travers d’une palette de mimiques faciales franchement convaincantes. C’est bien simple, on a l’impression de voir Hitchcock au lieu d’Hannibal ! Helen Mirren nous signe elle aussi une magnifique interprétation, au point d’oublier les deux sex-symbols que sont Scarlett Johansson (qui joue le rôle de Janet Leigh)  et Jessica Biel (Vera Miles). Les fans de ces dernières, bien qu’excellentes, seront légèrement déçus dû au fait qu’on ne les voit que très peu dans le film. En même temps le film s’appelle Hitchcock…

> Voir la bande-annonce de Hitchcock

Agréable à regarder, instructif, et ingénieux, Gervasi peine pourtant à transformer le coup d’essai en coup de maître. Certes le film est orchestré par un casting de fou, mais il manque cette touche de risque pour atteindre la perfection. On aurait pas boudé des scènes de tournages en plus ou quelques révélations croustillantes sur Psychose. Néanmoins, hormis ces quelques défauts, le film devrait plaire à tous les fans d’Hitchcock et, plus généralement, de cinéma.

Hitchcock - VERDICT

Par Stupar le

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