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Hannibal, saison 1

Bon appétit !

Hannibal Lecter, vous le connaissez sûrement à travers Anthony Hopkins dans Le Silence des Agneaux, adapté de l’œuvre littéraire de Thomas Harris.  Si le personnage fascine autant qu’il effraie, toutes ses apparitions sur le grand écran sont loin d’être inoubliables. Les raisons de redouter le passage de l’univers de Thomas Harris sur un petit écran sont donc nombreuses. C’est sans compter sur le talent du  charismatique Madds Mikkelsen et la vision de Bryan Fuller, le créateur de Pushing Daisies qui délivre une série absolument malsaine à voir d’urgence !

CORDON BLEU

La série prend le parti de centrer l’intrigue autour de Will Graham, un collaborateur du FBI qui a le don de s’immiscer dans la tête des tueurs en séries, afin de résoudre les crimes les plus macabres. Ce talent a un prix : Will est faible sur le plan psychologique, et sa santé mentale ne cessera de décliner tout au long des treize épisodes qui constituent cette saison. C’est à ce moment précis qu’intervient le docteur Hannibal Lecter, psychiatre de Will, qui l’aidera à garder tant bien que mal les pieds sur terre. Durant la première moitié de la série, le personnage d’Hannibal reste en retrait, même si le spectateur devine aisément que le célèbre Docteur cache subtilement son jeu. Force est de constater que le charisme et le talent de Madds Mikkelsen offrent un nouveau souffle inespéré à un personnage qu’on pensait connaître de fond en comble. Chacune de ses apparitions est un régal, au même titre que les plats lugubres qu’il cuisine pour ses nombreux convives. Ne cherchez plus le gagnant de Masterchef ou toute autre émission culinaire, Hannibal les devance tellement que chaque épisode porte le nom d’un plat français ! À vrai dire, on en vient même à souhaiter la réussite du sérial-killer, tant le personnage dégage un charme auquel il est difficile de résister. La classe vestimentaire, le goût des bonnes choses, des connaissances en science comme en art, le célèbre docteur est distingué. On le trouverait presque sympathique ! À noter que Laurence Fishburne est aussi crédité au casting et tient une place importante dans l’histoire, puisqu’il est l’agent en charge de mener l’enquête concernant les différents meurtres mis en scène.

SAVOUREUX

C’est bien clair, Hannibal fout un grand coup de pied au cul à la série policière, en optant pour une approche psychologique (déjà entrevue dans des shows comme Criminal Minds), mariée à un univers terriblement glauque et sombrement morbide. La patte de Bryan Fuller est immédiatement reconnaissable, à travers une palette de couleur très travaillée et des décors toujours judicieusement choisis. Le schéma classique de la série est respecté : chaque épisode se concentre sur un meurtre en particulier, mais qui permet de tisser une intrigue secondaire à la grande échelle qui se conclue en apothéose lors des deux derniers épisodes. Le personnage d’Hannibal n’hésite pas à s’effacer de l’écran pour mieux tirer les ficelles, mais aussi au profit du véritable antihéros de la série, qui n’est autre que Will Graham. Cette saison sert aux téléspectateurs les meurtres les plus ignobles jamais commis à la télévision, de quoi renvoyer Dexter réviser ses plaquettes de sang. Hannibal ne fait jamais dans la dentelle, et offre une mise en scène mortuaire spectaculaire, symbolique, presque poétique et jamais gratuite. C’est d’autant plus impressionnant que la série est diffusée sur la NBC, une chaîne nationale qui doit gérer les restrictions traditionnelles de la télévision américaine, contrairement aux chaînes du câble comme Showtime ou HBO. Impossible de ne pas voir dans toute cette mise en scène l’influence de l’esthétique baroque (ce que laissaient déjà entrevoir les photos promotionnelles) qui se joue des faiblesses du corps et de l’esprit humain. Des faiblesses qu’Hannibal exploite avec brio, à travers un jeu du chat et de la souris dans lequel les rôles sont constamment renversés.

Le cauchemar est réel, l’horreur est dissipée dans une certaine mélancolie qui ne renouvelle pas seulement la figure d’Hannibal Lecter, mais qui transcende un genre qui repose trop souvent sur ses lauriers. Ne mâchons pas nos mots, Hannibal est une excellente série, si ce n’est la meilleure de cette saison 2012/2013. Casting sans faute, intrigue qui ne faiblit pas une seconde, il ne reste plus qu’à récompenser Madds Mikkelsen pour l’époustouflant travail qu’il accomplit dans le rôle du célèbre tueur en série. La révélation est bluffante et elle se poursuivra (heureusement) dans une deuxième saison qu’on attend déjà avec une impatience non dissimulée.

Hannibal - VERDICT

Par Sholid le

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