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Gotham, saison 1

Les racines du mythe

Gotham n’est pas une série sur les superhéros. Certes, elle s’appuie sur l’un des univers les plus fascinants jamais créés, mais elle ne dépeint aucunement les pérégrinations d’un vigilant costumé. Dans sa conception, Gotham est une série classique au demeurant, procédurale, longue, parfois ennuyante, d’autre fois réjouissante. Bancale, cette première saison a une double facette : elle tombe dans les pièges habituels des séries formatées, tout en proposant des arcs scénaristiques saisissants qui permettent d’entretenir la flamme tout au long de ses vingt-deux épisodes. Est-ce suffisant pour se démarquer des autres productions soporifiques du genre ? Pas vraiment, mais la promesse d’offrir une relecture inédite de l’histoire de Gotham et de ses principaux protagonistes n’est jamais rompue.

Dans son approche, la série Gotham se rapproche énormément du comics Gotham Central. Il ne s’agit pas de suivre exclusivement l’histoire de Bruce Wayne et du meurtre de ses parents (mainte et mainte fois racontée de différentes façons) mais plutôt de vivre aux côtés de James Gordon les prémices du mal qui va ronger la ville. Une cité sombre où les flics sont des proies faciles, qui sont aussi inutiles que corrompues. Plus humaine, moins fantasmagorique, Gotham porte les stigmates maléfiques d’un chaos naissant. Le calme avant la tempête. Le terrain de jeu est posé, il ne reste plus qu’à distribuer les cartes. Accompagné de son insupportable compagne Barbara, James Gordon intègre les rangs du GCPD en pensant avoir toutes les armes en mains pour faire régner la justice. Encore faudrait-il que la justice ne soit pas entièrement achetée par Carmine Falcone, ce mafieux (joué par l’excellent John Doman, le lieutenant Rawls dans The Wire) qui entretien une rivalité explosive avec Maroni. Invention propre à la série, le personnage de Fish Mooney s’interpose entre ces deux pionniers du grand banditisme, dans l’espoir de se tailler une part du marché. Dans l’ombre, c’est Oswald Cobblepot qui convoite une réputation de criminel hors pair, tout en boitant de manière ridicule. Comme un pingouin… C’est autour de ces trois fortes têtes que la série s’articule et met en œuvre de nombreux rebondissements. Une mécanique digne d’un jeu des chaises musicales qui s’étalerait un peu trop en longueur. Autour de ce tripode, c’est une dizaine de personnages emblématiques qui gravitent : Edward Nygma, Selina Kyle, Bruce Wayne, Lucious Fox, Harvey Dent, Jonathan Crane ou encore Pamela Isley, soit tout le beau gratin de Gotham.

Le problème de la série est ironique. L’univers de Batman est vaste, les personnages sont nombreux et il y aurait de quoi fournir une bonne dizaine de saisons avant de voir pointer une once d’épuisement. Malheureusement, Gotham se brule les ailes dans sa première moitié de saison, en essayant d’inclure un maximum de personnage possible, quitte à ressembler à une réunion de Razmoket assez dérangeante. C’est bien clair : l’apparition de certains futurs antagonistes n’a aucune justification scénaristique, si ce n’est celle d’adresser un énorme clin d’œil aux téléspectateurs. Un peu à l’image de Poison Ivy, ou de plusieurs ersatz moyennement convaincants du Joker. Gourmande, Gotham n’avait pas besoin d’en faire trop pour captiver l’attention de son audience. Le combat de Gordon (interprété par l’excellent Ben McKenzie) et son coéquipier Harvey Bullock contre le crime se suffisait amplement, et aurait pu profiter d’une légère touche de subtilité. Par ailleurs, si le duo est lent au démarrage, la complicité qui unit les deux protagonistes parvient peu à peu à offrir une certaine profondeur à la série, même si le binôme s’appuie sur des fondements classiques, pour ne pas dire déjà éculés. L’autre problème de Gotham, c’est de n’être au final qu’une série procédurale, capable d’enchaîner des épisodes justement rythmés avec des longueurs capables de flinguer le travail mis en œuvre depuis un bout de temps. Assurément, le show aurait gagné en qualité en voyant sa durée réduite, coupée d’une bonne dizaine d’épisodes. Elle aurait aussi gagné à accorder un traitement moins stéréotypé au personnage inédit de Fish Rooney, baronne en devenir du crime aussi pénible qu’inintéressante. L’ensemble est regrettable, car l’enchaînement de ces faux pas nous ferait presque oublier que Gotham est une relecture assez jouissive d’une palette de personnages charismatiques qui ont marqué lecteurs, spectateurs et joueurs depuis de nombreuses décennies.

Gotham S01 - VERDICT

Par Sholid le

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