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Game of Thrones, saison 6

Le jeu en valait la chandelle

À tous ceux qui ont été perdus par une cinquième saison en demi-teinte, Game Of Thrones a répondu coup pour coup cette année. Le cas n’était pas désespéré, mais on commençait sérieusement à se demander si les plus beaux jours de la série n’étaient pas derrière elle. Que nenni ! Derrière cette vaste machinerie qui a mis plusieurs années à dévoiler ses rouages se cachaient les prémices d’un dénouement d’une violence inouïe, mais quelque peu téléguidée par des auteurs déterminés à flatter vos plus bas instincts. La politique cède sa place à la cruauté, le fantastique se mêle avec le réalisme pendant que l’œuvre de George R.R Martin se dirige doucement, mais sûrement, vers une fin des plus prometteuses. Il n’en fallait pas plus pour raviver la flamme du feu grégeois.

Aussi jouissive et exaltante que puisse être cette sixième saison de Game Of Thrones, il subsiste néanmoins un arrière-goût amer. Sans pour autant la qualifier de prévisible, il faut tout de même avouer que les grandes idées amenées dans ce nouveau chapitre, au même titre que les révélations les plus croustillantes, avaient toutes été devinées par les théories des grands observateurs de la série. On pourrait rétorquer que c’est avant tout le signe d’une narration et d’une histoire maitrisée de bout en bout, qui laisse suffisamment d’indices à ses spectateurs pour que ces derniers soient capables de saisir ces substantielles révélations avant qu’elles ne soient annoncées clairement. Dans ce sens, Game Of Thrones a semblé danser dangereusement avec le prévisible au détriment de la surprise. Une antithèse qui est néanmoins rapidement balayée par le malin plaisir qu’ont pris les scénaristes à mettre en scène ce qui ressemble aux derniers grands arcs narratifs de cette vaste fresque médiévale-fantastique. Quand bien même HBO rechigne à annoncer la fin de la série, il ne fait aucun doute qu’elle est en train d’enchainer ces ultimes mouvements sur l’échiquier de Westeros. Les péripéties s’enchainent, rapidement, les adieux aussi, douloureusement. Game Of Thrones a enfin repris le contrôle de sa narration. Si ce n’est pour deux épisodes qui semblent un peu creux (mais néanmoins nécessaires), la série a finalement retrouvé le juste milieu et un traitement équitable de son pharaonique casting. Certes, il y aura toujours de quoi pester face à quelques facilités ou des protagonistes qui semblent se déplacer plus rapidement que d’autres, mais dans l’ensemble, il existe tout de même un faussé entre la précédente saison et cette sixième fournée.

Depuis ses débuts, Game Of Thrones s’est appuyé sur un récit aux proportions gargantuesques. L’adapter relève bien évidemment de l’exploit. Si la série a mis un point d’honneur à offrir plusieurs moments de télévision inoubliables, elle n’a jamais semblé s’appuyer sur une réalisation qui l’élèverait définitivement au-dessus de ce qui se fait de mieux sur les différents networks américains. Pardonnez-nous cette offense, mais des shows comme Fargo ou The Leftovers ont beaucoup plus d’ambition sur le plan visuel (avec trois fois moins de moyens) que Game Of Thrones. Il est vrai que tout est parfaitement mis en œuvre et que la restitution de l’univers des Sept Couronnes force le respect, mais le manque d’audace dans des plans qui ne nécessiteraient pas forcément des effusions de sang par hectolitres pour marquer les esprits lui a toujours fait défaut, jusque maintenant. Le miracle n’a pas lieu répétitivement, à chaque épisode, mais la série de HBO s’est efforcée d’offrir plusieurs moments bien léchés, bien trouvés, qui ne manqueront pas de rester gravés dans les mémoires. Certes, le sempiternel neuvième épisode s’appuie une fois de plus sur une débauche d’hémoglobine, mais la mise en scène et la réalisation prennent rapidement le dessus. L’effort n’est pas unique et se répète tout au long de la saison, de quoi ravir ceux pour qui Game Of Thrones se résumait désormais à un long fleuve tranquille, ponctué par quelques électrochocs. Définitivement, si cette sixième saison n’est pas foncièrement celle des surprises, elle est à coup sûr celle de la satisfaction à tous les étages. En se dirigeant vers sa conclusion, en confirmant certaines théories vieilles de plus de vingt ans, elle s’apprête à réaliser certains fantasmes qui n’ont désormais plus rien d’improbable.

GOT S06 R 03

Source image entête.

Par Sholid le

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