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Gone Girl

Les Apparences

Avec un film entre les mains, il n’y a rien que David Fincher ne puisse pas faire. Preuve en est encore aujourd’hui avec une intrigue autour de l’enlèvement suspect d’une écrivaine. Fincher connaît son métier, et réussit à adapter le roman de Gillian Flynn Les Apparences, en grand film maîtrisé et divertissant. Gone Girl n’est pas son meilleur, mais confirme le statut de patron que détient Fincher quand il s’agit de suspense et d’intrigue labyrinthique.

Il faut dire que pendant une bonne partie du film, les personnages passent sans arrêts d’une identité à l’autre, brouillant vicieusement les pistes du spectateur. En effet, Fincher adopte une structure complexe comprenant des points de vue multiples, différents temps du récit et plusieurs voix off, qui entretiennent constamment le doute sur les véritables intentions des protagonistes. Le mari, joué par Ben Affleck, est-il un gros enfoiré qui a tué sa femme ? La femme est-elle une victime attachante ? L’enseignement principal de Fincher réside donc dans les apparences, qui peuvent souvent s’avérer trompeuses. Le réalisateur de Fight Club épaissit le mystère avec un dédale de fausses pistes et de brusques révélations sous couvert d’une mise en scène implacable. Au-delà d’un simple thriller, le film interroge tous les couples sur l’enfer pavé de rancœur que peut être le mariage. Entre le sujet de l’infidélité, l’instabilité financière et la maladie d’un proche, tout peut vite basculer. Même dans la plus parfaite des unions. Gone Girl donne une vision réaliste de cet engagement, où chacun construit une façade narcissique pour séduire sa moitié. Un film de Fincher est toujours une magnifique occasion pour certains acteurs de confirmer leur statut à Hollywood. Si Ben Affleck n’en a pas besoin depuis que l’on prend à nouveau au sérieux (il est sur 9 films jusqu’à 2018), Rosamund Pike, elle, montre un nouveau visage plus intéressant que ces derniers films (Jack Reacher, La colère des Titans).

Il y a également le blond dragueur de How I Met, Neil Patrick Harris, qui détonne vraiment dans le rôle d’un milliardaire obsédé par une femme. Et enfin, le premier rôle de sa vie pour Emily Ratajkowski, la bombe atomique du clip de Robin Thicke Blurred Lines, qui malheureusement (ou heureusement) ne s’adonne qu’à un rôle de bimbo vite déshabillée. L’une des étrangetés de Gone Girl réside également dans le second degré subtilement dosé par l’écriture de Fincher. Fine et grinçante. Alors que la situation est censée être grave, pendant toute une moitié du film, l’intrigue sombre petit à petit dans la farce de façon inattendue. C’est en partie ce qui donne une vraie force à Gone Girl, qui sans ça, serait un énième drama noir. L’humour décalé est amené par l’indifférence globale des personnages qui ont peu d’empathie pour le drame qui se joue. C’est un parti pris totalement assumé, puisqu’il s’accompagne d’une dénonciation de la sur-médiatisation aux États-Unis. Terre promise où l’opinion publique est dictée par une vieille blonde en colère sur la chaîne d’info principale. Finalement, on pourrait grossièrement résumer la progression du film en plusieurs parties : d’abord le mystère, parfois l’absurde, puis dans thriller, et enfin la satire d’une vision de l’Amérique. Une belle manière pour le réalisateur d’éviter la linéarité, et créer au passage un labyrinthe séduisant où la fin n’est jamais prévisible. Du Fincher tout craché.

Gone Girl - VERDICT

Par FMA le

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