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Glue, saison 1

A fleur de peau

Beaucoup voyaient dans Glue le nouveau visage de Skins. Même chaine, même sensibilité, même obsession pour le mal-être de jeunes adultes amoureusement filmés. Dès les premières secondes, le regard profane verra une ressemblance frappante entre les deux séries. Des jeunes insouciants, qui déferlent à moitié nus dans des champs de blé avec 3 grammes dans le sang. On ne m’avait pas dit qu’il y allait avoir une huitième saison de Skins ! Et pourtant, les similarités s’arrêtent là. Le lendemain matin, Caleb (le benjamin de la bande) est retrouvé sans vie, la tête plongée dans une flaque de boue glaciale. Le point de départ d’une intrigue policière qui emprunte contre toutes attentes ses codes à des séries comme The Killing, le tout savamment arrosé de drame personnel dont Jack Thorne a le secret.

Jack Thorne, c’est l’un des visages derrière le succès de Skins. Le natif de Bristol en était le scénariste sur de nombreux épisodes. C’est aussi à lui que l’on doit l’excellent scénario de la minisérie This is England 86. L’histoire tragique de la jeune Lol, qui faisait suite au chef-d’œuvre de Shane Meadows. Du haut de ses 36 ans, le Britannique fait parti des rares à posséder le dont de faire passer toute la complexité d’un personnage, en seulement quelques lignes. Malgré son histoire manufacturée de toutes pièces, rien ne sonne faux dans Glue. La justesse des acteurs, le naturel. Ils ne forcent jamais le trait, même dans les situations les plus tendues. Glue est filmé comme un film d’auteur. À la différence (de taille) qu’il s’agit d’une série, et qu’elle campe des codes prédéfinis du polar qui ne risquent pas de déstabiliser le tout-venant. Il est cependant important de noter la prouesse : en seulement 8 épisodes, le créateur et scénariste de la série parvient aisément à tisser tout un réseau de personnages aussi complexes qu’attachants, dont les lourds secrets ont tous un lien naturel avec l’intrigue. Ça en devient presque un caméo : à la fin de la série, on se demande qui dans la bande n’avait pas de secrets lourds comme le monde à porter sur ses frêles épaules.

Et il y en a bien un : Rob, joué par l’excellent Jordan Stephens. L’électron libre, l’ami maladroit au bon fond, qui multiplie les crasses. Le mec que vous allez adorer détester, mais qui a au moins le mérite de jouer cartes sur table. Il est le seul à être à découvert dans un univers où tout le monde cache précieusement son jeu. À l’image de Skins, le casting de jeunes inconnus brille de mille feux. On ne serait d’ailleurs pas surpris d’en voir quelques-uns filtrer à Hollywood, comme ce fut le cas de Nicolas Hoult vu dans le dernier X-men, la belle Kaya Scodelario, ou encore l’excellent Jack O’Connell, tête d’affiche du prochain film de Angelina Jolie, vu dans Les poings contre les murs. On pourrait aussi vous parler du rôle capital de Ruth, une jeune détective qui va être menée à enquêter sur ses anciens amis, mettant en péril tout ce qui lui reste de vie personnelle. Calum Turner, dans le rôle du type que l’on n’arrive jamais à cerner, ou encore Charlotte Spencer, dans le rôle de la belle des champs qui sait super bien monter à cheval. Une chose est sûre : la fiction anglaise à encore de beaux jours devant elle. Et Channel 4 s’impose plus que jamais comme une sacrée planque pour jeunes talents.

Glue - VERDICT

Par Fox Mulder le

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