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Gimme the Loot

Peinture désuète du graff

Gimme the loot raconte l’histoire de Sophia et Malcom, deux jeunes black du Bronx qui passent leur temps à tagguer les murs des quartiers en quête de gloire. Désespérés de croupir dans leur quartier incognito, ils ont l’idée du siècle. Ils veulent graffer sur l’immense pomme du stade des Mets (le club de base-ball du Queens) pour crier au monde qu’ils existent. Oui, mais voilà, il faut 500 $ pour soudoyer le gardien du stade. Le point de départ d’un film modeste, parfois touchant, mais finalement un peu plat.

GETTING UP

Les deux thugs partent alors à la recherche des 500 billets qui changeront leur vie, mais les galères s’enchaînent… sans jamais s’arrêter ! Et c’est bien tout le problème du film. Entre Malcom qui s’amourache de la petite bourge américaine en manque, un peu cinglée façon Cassie dans Skins, et Sophia qui se fait racketter dix fois dans la même journée en insultant à grands coups de « mother fucker niggas, you’re fucked up » tous les autres graffeurs de son quartier, le film n’est qu’une succession d’échecs et de mésaventures. A croire que les scénaristes sont restés bloqués au stade des péripéties. Pas de scène d’exposition, ni même de dénouement digne de ce nom. La fin, parlons-en, elle met un gros stop au rêve américain et à l’espoir de tous les jeunes niggas du Bronx et du Queen. A croire que: nos deux héros sont fatalement voué à rester dans leur condition. Du pessimisme au réalisme, il n’y a qu’un pas. Le fantasme de la réussite en sortant du Bronx n’est pas pour tout le monde. C’est un happy ending de cinéma, bien loin des ambitions du film d‘Adam Leon. Et Gimme the loot le confirme, en ramenant sans aucune surprise nos héros à la dure réalité. Seule la bande-son et l’ambiance underground parfaitement retranscrite de la fourmilière New-Yorkaise parviennent à nous faire vraiment décoller. On pourrait croire que le film est à se tirer une balle, et pourtant la toute dernière note (bien que nulle à chier) est d‘un optimisme à toute épreuve. Un bref message d’espoir dans une vie qui semble pourtant déterminée à s’acharner sur nos héros. Tout ça parce qu’ils sont blacks ?

> Voir la bande-annonce de Gimme the Loot

Ne vous attendez pas à une plongée implacable dans l’univers du graff aux travers des yeux innocents de deux jeunes du Bronx. Gimme the loot est un premier film modeste, humain, intime. Une fable presque désuète dont la seule leçon à tirer reste l’optimisme de ses deux héros face à une existence qui s’acharne sur eux. De quoi arracher un ou deux sourires, mais pas plus.

Gimme the loot - VERDICT

Par Anne-Sophie le

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