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Fury

Pétard humide

Fury a tout du film rêvé sur le papier : panoplie d’acteurs flamboyants tels que Brad Pitt, Shia Leboeuf, Jon Bernthal, un buzz autour des conditions de tournage, et une campagne publicitaire maîtrisée. Tout sur la forme et peu sur le fond. Malgré un physique affriolant, Fury ne résiste pas longtemps devant ses nombreux défauts, parfaitement mis en valeur dans un scénario faible et une écriture superficielle. Fury fonce tête baissée vers l’inévitable conclusion : la guerre, c’est moche, mais faut bien la faire. On est déjà au courant, merci !

Fury est un pétard humide, mais pas trempé. Plusieurs choses le sauvent, notamment dans la photographie. Les plans millimétrés font souvent leur effet, et rien n’est laissé au hasard dans la mise en scène. La première image du film est d’ailleurs magnifique. On y devine dans l’épaisse brume d’un champ de bataille, l’arrivée d’un officier allemand sur un cheval. Le premier plan d’une longue série où hémoglobine, maquillages et autres effets spéciaux représentent très justement les atrocités de la guerre. La boue, le gris, les cadavres décomposés vulgairement poussés dans une fosse : on ne pourra pas reprocher le zèle du côté de la patte visuelle de ce Fury. L’autre point positif, c’est le contexte. Même si tout le monde connaît la Seconde Guerre mondiale, le réalisateur David Ayer (End of Watch, Sabotage) nous narre ici les aventures d’une compagnie de tanks qui partent conquérir l’Allemagne sur la fin de la guerre. C’est donc un sujet un peu moins connu, très peu montré au cinéma. La plupart des escarmouches sont d’ailleurs vécues par les personnages à l’intérieur du Tank, qui a donné son nom au titre du film. Les sueurs froides sont aux rendez-vous, tout comme cette impression paradoxale qui alterne entre d’invincibilité du blindage, et la vulnérabilité de ce piège de fer. Malheureusement, David Ayer est peut-être un bon metteur en scène, mais son scénario loin d’être billant ne tarde pas à plomber son propos. Tout comme sa direction d’acteurs.

Le casting a pourtant su donner de sa personne pour leur rôle respectif. Shia Leboeuf en tête de liste, se serait arraché une dent, et aurait refusé de prendre des douches pour, explique-t-il, « se mettre dans les conditions du rôle ». Or à vouloir en faire trop, l’acteur, qui joue un militaire pieux, a les yeux humides sur pratiquement tous les plans du film. Comme s’il voulait à tout prix démontrer que la guerre, c’est triste. Nous avons également Brad Pitt en chef d’équipe torturé, John Bernthal en soldat débile et Logan Lerman en bleu coincé du cul. Malgré la qualité de leurs émotions, des dialogues peu inspirés et des indications de jeu troubles font qu’on ne les prend hélas que très rarement au sérieux. Malgré ça, ils forment une belle équipe à l’écran. Les effets de leur entraînement y sont surement pour quelque chose. Les acteurs principaux ont en effet eu l’obligation de subir des séances particulièrement intenses. Réveils à 5 heures du matin, 2 heures de préparation physique, cours d’apprentissage, parcours du combattant jusqu’à tard le soir, rations froides, nuits sous la pluie… Le quotidien des acteurs durant plusieurs semaines. Un entraînement physique que Brad Pitt dévoile dans une scène torse nue cocasse, qui illustre les dérives scénaristiques de David Ayer. Bref, une bonne partie du film est clairement à jeter. Le tout devient intéressant quand les acteurs ne parlent plus, et font la guerre. La catharsis opère alors, mais cela ne sauve pas Fury. Service minimum assuré. Rompez !

Fury - VERDICT

Par FMA le

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