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Flight

Ivre comme l’air

Après 13 ans d’errance dans l’animation, R.Zemeckis, papa de la trilogie « Retour vers le Futur », revient enfin derrière la caméra pour nous narrer cette histoire de pilote de ligne alcoolique, héros d’un jour… Autant dire que pour revenir à la réalisation avec ce genre de sujet, c’est qu’il devait drôlement se sentir inspiré le Robert ! (NDLR : Notez l’emploi de « l’imparfait » dans cette dernière phrase. C’est ce qu’on appelle une petite pirouette grammaticale servant ici à appuyer le propos ou l’idée directrice de l’auteur.)

SEUL AU MONDE

C’est donc après avoir sauvé la vie de la quasi-totalité des passagers de son Boeing, que le commandant Whip Whitaker va se retrouver confronté à la triste réalité de sa pauvre et misérable condition d’homme fragile détruit par l’alcool. Oui. « Triste », « pauvre », « misérable » et « fragile » dans la même phrase, ça fait un peu trop et c’est même un peu facile, on vous l’accorde. Mais il faut bien se hisser à la hauteur du traitement infligé par Zemeckis à cette histoire d’anti-héros ! Car ici, il ne s’agit effectivement que de cela. Alors que la confrontation entre son statut de sauveur et son secret de polichinelle aurait pu mener à une véritable réflexion sur la notoriété soudaine et la mise au nu de la vie privée, le réalisateur à fait le choix de ne s’intéresser qu’au personnage lui-même. En effet, durant près de 2h de film, la caméra ne s’éloignera presque jamais du personnage incarné par Denzel Washington, tentant tant bien que mal de créer un lien entre lui et le spectateur. Comme ça, sur le papier, on a envie de dire pourquoi pas ! Oui mais voilà, il ne se passe absolument rien ! Pas l’ombre d’une émotion ne transpire, pas même ne serait-ce qu’une ébauche infime d’empathie envers le protagoniste ! Prostré dans sa maison de campagne, errant de temps à autre ici et là au nez et à la barbe des journalistes (qui pourtant le recherchent activement depuis la catastrophe ! Allez savoir comment il fait ! ), on est constamment et involontairement mis à l’écart de la situation. On finit donc par n’être que de simples témoins, pas ou peu concernés par les différentes petites séquences mettant en scène Washington enchainant les bouteilles… Lassant.

BÉNI SOIT LE SEIGNEUR

Pourtant, il y a bien un message derrière toute cette entreprise et ce parti pris. Et celui-ci est consternant et affligeant ! La question posée tout le long du métrage est de savoir si l’acte de bravoure du commandant est dû à ses talents de pilote ou… à la grâce divine ! Et autant le dire tout de suite : on va vous le rabâcher encore et encore et à toutes les sauces…  Au gré de séquences plus insupportables les unes que les autres – à l’image de celle du crash durant laquelle l’aile du coucou arrache le clocher d’une église juste avant de finir sa course comme une merde – la symbolique du miracle divin nous est sans cesse rappelée de manière plus ou moins directe. Et ce n’est pas le personnage incarné par Kelly Reilly, endossant maladroitement le rôle de l’ange gardien rédempteur, qui va arranger le tableau. Agrémenté de dialogues aux propos tout bonnement indigestes, qui font plus offices de martellement incessant voir de bourrage de crânes plutôt que d’un quelconque apport scénaristique, l’ensemble devient rapidement lourdingue et affligeant. Le dernier discours venant enfoncer le clou lors d’un face-à-face pathétique, conclu par une dernière et ultime phrase d’un ridicule absolu provoquant chez le spectateur un sourire nerveux, non pas admiratif mais bel et bien moqueur.

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Retour raté pour Robert Zemeckis. Noyé dans un discours moralisateur et indigeste, le réalisateur n’arrive à aucun moment à nous faire entrer dans son histoire. Le pire dans tout ça, et c’est un comble, c’est qu’une fois le générique de fin passé, on a qu’une seule envie : se défoncer la tête au Whisky glace afin d’oublier cette soporifique mièvrerie américaine. Une gueule de bois made in Hollywood… Santé !

Flight - VERDICT

Par YobSolo le

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