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Fear the Walking Dead, saison 1

Craindre ou ne pas craindre

Un comics, un succès. Un succès, une adaptation. Un nouveau succès, une opportunité. Une opportunité, un produit dérivé. Des zombies, des millions de spectateurs. Des zombies, toujours des zombies. Un changement de lieu, une grossière excuse. Des personnages différents, une histoire similaire. Des zombies, encore des zombies. Une chaîne réputée, des soucis de créativité. Un manque d’inspiration, une série dérivée. The Walking Dead, Fear The Walking Dead. Les vivants contre les morts. Les vivants contre les vivants. Le début de la fin, la fin du début, la fin de la société. Bref, la fin de la vie. A moins qu’il ne s’agisse que d’un début. Celui d’une série qui au terme de six épisodes, a encore tout à prouver.

La question suspendue aux lèvres de tous ceux qui ne boivent pas forcément tous les beuglements des morts vivants est la suivante : comment justifier pleinement l’existence d’un spin off sur le plan créatif quand la série mère brasse déjà toutes les thématiques possibles ? En choisissant de montrer la propagation de l’énigmatique épidémie, Fear The Walking Dead parvient à se détacher temporellement de la série originale. Lecteur du comics ou spectateur assidu de la première série, ce spin-off éclaire en partie l’une des plus grosses parts d’ombre de cet univers apocalyptique, à savoir les événements qui ont eu lieu durant le coma de Rick Grimes. Bien entendu, il est évident que cet éclaircissement n’est que partiel, puisqu’il est impossible que la chute de la société américaine ait eu lieu de la même manière sur l’ensemble du territoire. Il permet néanmoins de dessiner ces contours mystérieux et confère à cette série dérivée une certaine utilité, pour ne pas dire fraîcheur. En délocalisant l’action sur la côte ouest des États-Unis, Fear The Walking Dead met en scène une destitution de la société beaucoup plus urbaine, plus labyrinthique. La ville de Los Angeles et son climat méditerranéen participe activement à l’ambiance et au déferlement macabre qui s’apprête à frapper le pays. C’est visuellement lourd et poisseux, bien que dénué de toute ambition créative lorsqu’il s’agit de mettre véritablement en scène l’émergence des morts. L’existence de la série est donc justifiée, d’autant plus que ces six premiers épisodes ne sont limités sur le plan narratif, et servent avant tout à introduire les protagonistes qui subiront constamment la comparaison avec leurs aînés. C’est inévitable, pour de nombreuses raisons.

La caractérisation des personnages est maladroite. Ce que The Walking Dead a réussi de mieux, c’est d’introduire des protagonistes qui sont identifiables au premier coup d’œil. Une arbalète, c’est Daryl. Un accoutrement de shérif, c’est Rick Grimes. Un katana, c’est Michonne. Et c’est à travers ce procédé primaire, parfois même stéréotypé, que la série parvient à dessiner peu à peu le tempérament de chacun. Fear The Walking Dead n’est pas encore parvenu à pleinement instaurer ses personnages. Une famille reconstituée, un junkie, un barbier moins con qu’il en a l’air : ils transpirent le commun des mortels et aucun ne parvient à se détacher au terme de cette première saison, à l’exception de Victor Strand, homme énigmatique caractérisé par son goût pour les costards et son franc parlé. Malgré toutes les critiques qu’on pourrait lui adresser, la série originale est toujours parvenue à créer une empathie à toute épreuve pour son groupe de survivant. C’est d’ailleurs l’élément principal qui permet de fermer les yeux sur des errances narratives ennuyantes. Les mêmes errances que la série dérivée a proposé en seulement six épisodes. Heureusement, l’histoire nous évite de passer par les mêmes redites qui feraient de Fear The Walking Dead une vulgaire piqure de rappel. Tout le monde comprend assez vite que le monde est sur le point d’imploser, sans que cela ne paraisse forcé. L’ouverture finale laisse entrevoir de nouvelles possibilités, qui permettraient à la série d’explorer des territoires encore inconnus. Autant d’éléments qui soufflent le chaud et le froid, qui promettent, qui inquiètent, qui rassurent, qui indiffèrent. Une seule chose est sûre : la frustration est au rendez-vous, autant que la satisfaction.

Fear the Walking Dead - REVIEW 03

Par Sholid le

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