Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

Fargo, saison 1

Are you sure you wanna do this Lester ?

Inutile de se voiler la face. Lorsque la chaîne FX a annoncé la déclinaison du film Fargo en série, ils étaient peu nombreux à être optimistes. Et ce, alors même que les frères Coen (les réalisateurs et auteurs du film) étaient annoncés comme producteurs du projet. Si vous croyez que nous devons notre existence à une force supérieure, il est temps de la remercier, car la première saison de Fargo est un cadeau des dieux aussi inattendu qu’inespéré.

Il suffit de quelques épisodes pour que Fargo s’impose comme l’une des plus belles surprises télévisuelles de cette année. Cette réussite, on l’a doit en partie à son casting exceptionnel qui convie des acteurs connus du petit écran comme Martin Freeman, Collin Hanks ou encore l’inoubliable Billy Bob Thompson dans l’un des rôles les plus marquants de ces dernières années. En guise d’énorme clin d’œil et afin de resituer la série dans l’univers du film, cette première saison répond à l’une des plus grandes questions du long métrage des frères Coen : qu’est-il advenu de ce paquet de pognon qui réside discrètement sous un amas de neige ? Au fond, cette réponse n’est qu’anecdotique, elle plaira à ceux qui ont vu le film, sans jamais décontenancer les nouveaux venus. Le plus grand lien qu’entretient la série avec son homologue cinématographique se situe dans la tonalité générale du show. Cette énorme tragi-comédie ne cesse de jongler entre les deux registres, et fait parfaitement honneur au slogan du film : aurez-vous le courage d’en rire ? À moins d’être intolérants à l’humour noir, Fargo est un bijou d’ironie et de stupidité. De la police locale, aux agents du FBI jusqu’à la population des villes voisines, chaque personnage apporte son lot de connerie à tel point que les actes réfléchis en deviennent troublants. Répliques savoureuses, scènes cultes en devenir, chaque épisode est une mine de diamant. Du coup, il suffit de quelques minutes pour que Fargo s’impose comme une série unique en son genre, qui s’avale aussi rapidement qu’il ne lui faut de temps pour capter l’attention du téléspectateur. Et ça, la série le doit entièrement à deux personnages incontournables. Fargo procède à une déconstruction lente, douloureuse et délicieusement drôle de l’antihéros par excellence.

Lester Nygaard (incarné par Martin Freeman, alias le Hobbit et Watson) est un employé modeste d’une compagnie d’assurance. Marié à une femme qui ne le respecte pas, Lester n’a jamais pris position dans la vie, se contentant de subir les problèmes ou de les esquiver. Ce personnage s’impose dès les premières minutes comme un double de Walter White, à la différence que la plupart de ses choix ne sont pas régis par la raison, mais par la panique immédiate qui le gagne. Et même lorsque la série tente de nous faire croire que le crime est le seul emploi qui paie, elle s’efforce de nous rappeler que son personnage principal n’est qu’un pantin aux ficelles fragiles, destiné à s’effondrer lorsque l’étau se resserre autour de lui. Regarder cette première saison de Fargo, c’est assister avant tout à la naissance d’un des antagonistes les plus charismatiques de la télévision américaine. Rien ne dit vraiment qui est Lorne Malvo (interprété par Billy Bob Thompson), ni même ses ambitions, encore moins son passé. Si le monde est une jungle, Lorne Malvo trône au-dessus des plus grands prédateurs. L’intégralité de l’intrigue s’appuie sur la force de ce tueur à gages hors pair, à mi-chemin entre le bon samaritain et l’associé du diable. À la différence de Lester, Malvo est un personnage accompli. Il sait ce qu’il fait, il sait pourquoi il le fait, il se donne les moyens d’obtenir ce qu’il veut. C’est un électron libre et c’est parce qu’il jouit d’une liberté inconditionnelle qu’il devient aussi imprévisible que terrifiant. Malvo, c’est ce bon copain, toujours prêt à vous filer un coup de pince en cas de pépin. Et c’est aussi celui qui n’hésitera pas à vous coller une balle en pleine tête le jour où vous refuserez de lui rendre la pareille. Malvo, c’est tout simplement le héros de Fargo.

Fargo S01 - VERDICT

Par Sholid le

Plus de lecture