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Entourage

Victory !

Les passionnés de la série seront tous d’accord sur ce point : voir l’équipe d’Entourage fouler les marches du grand écran, c’est un rêve devenu réalité. C’est aussi un juste retour des choses pour une série qui s’est toujours efforcée de dépeindre avec un cynisme insoupçonné l’univers impitoyablement glacial de Hollywood. A l’image du show culte, le film n’a qu’une seule prétention : celui de proposer un divertissement efficace en s’appuyant sur une recette qui a déjà fait ses preuves sur le petit écran. Le résultat est donc sans appel : les connaisseurs seront ravis, décrocheront de multiples sourires tout au long du film, tandis que les autres resteront beaucoup plus souvent sur le bas-côté de la route.

La série Entourage n’a jamais été meilleure que lorsqu’elle ne se prend pas au sérieux. Ce n’est pas pour rien que son avant-dernière saison a été jugée décevante, puisqu’elle mettait de côté sa sympathie ambiante pour une trame scénaristique jugée plombante. Entourage, c’était un savant mélange d’humour avec une belle leçon sur les rouages de la production cinématographique américaine. Concrètement : si vous ne maîtrisez pas les notions de réalisateur, producteur, scénariste, monteur, c’est la série à découvrir pour la simple et bonne raison qu’elle était subtilement didactique. Outre ces considérations purement techniques, Entourage était surtout l’occasion de découvrir un large panel de personnages tous plus charismatiques les uns que les autres, dominé par l’inoubliable Ari Gold et ses célèbres joutes verbales nerveuses. L’épisode final ne laissait aucun doute quant à l’avenir du show produit par Mark Wahlberg, et inspiré par sa propre expérience hollywoodienne. Quatre ans plus tard, toute l’équipe, absolument toute l’équipe, a répondu présent à l’appel dans un film qui condense ce que la série avait de meilleur à offrir. Désormais PDG de Time Warner, Ari Gold a la lourde tâche de devoir gérer les débordements de budget de son poulain Vince Chase, réalisateur capricieux de son premier long métrage. L’excuse scénaristique est bien menée pour convier cette réunion qui fait table rase de certains éléments mis en place par l’épisode final de la série. Une fois le contexte posé, et les personnages présentés aux non-initiés (par le biais d’un entretien qui joue une fois de plus avec les nerfs d’Ari Gold), Entourage s’impose comme un long métrage qui se situe dans la droite lignée de la série. Entendez par là qu’il ne dépaysera aucunement ceux qui ont parcouru de long en large les huit saisons qui constituent le show. Dans ce sens, le film remplit parfaitement son cahier des charges. Peut-être même un peu trop.

Disons qu’il est difficile de ne pas voir autre chose qu’une grosse déclaration passionnelle à tous ceux qui ont été fidèles à la série. Que ce soit les multiples retours de personnages cultes, ou bien les apparitions totalement gratuite de célébrités comme Pharell ou Jessica Alba, tout cela n’a aucun autre objectif, mis à part celui d’inscrire le film dans notre réalité. Exactement comme l’avait fait la série. Après tout, c’est l’ADN d’Entourage. Le show n’a jamais brillé par sa subtilité, c’est même tout le contraire. Si on retire au film son aspect décontracté, son humour et ses métaréférences, il ne reste plus qu’une histoire en toute somme assez banale sur le financement calamiteux d’un film par un Texan sexuellement frustré. C’est maigre, c’est très maigre. Mais choisir cet angle d’analyse, c’est aussi incohérent que d’appeler Pizza une pâte cuite au four avec des pommes de terre, des merguez, du poulet, de la viande hachée, du reblochon et n’importe quel ingrédient susceptible d’insulter des décennies de pratique italienne. Entourage, c’est les insultes totalement gratuites d’Ari Gold, l’égo surdimensionné de Johnny Drama, les déboires romantiques d’Eric et Sloan, les caprices de Vince, les soirées de Turtle, le pognon, les filles, le cul et tout ce qui est plus ou moins à même de choquer vos aïeux. Le reste est un juste prétexte pour mettre toutes ces choses en scène. Si il ne décrochera pas l’Oscar, le film a eu moins eu l’intelligence de ne pas péter plus haut que son cul. Il est après tout ce qu’on attendait de lui, et rien de plus. C’est ce qui constitue sa prévisibilité, mais aussi ses principales qualités. Personne n’espérait de cette adaptation un chef d’œuvre capable de sublimer le passage du petit vers le grand écran. Tout au plus, le film se devait d’être drôle, intrigant et de poursuivre ce que la série avait laissé en suspens. En tant qu’adaptation, Entourage est une franche réussite. En tant que film à part entière, c’est déjà plus discutable. Il reste cependant une putain d’invitation à découvrir l’une des séries les plus sympathiques du catalogue de HBO. Promis, c’est plus efficace qu’une boite de Xanax !

Entourage - VERDICT

Par Sholid le

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