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Elysium

Mad Max

Vous vous souvenez du très original District 9? Ou le film qui avait construit une anticipation pertinente d’une Afrique du Sud en proie à l’apartheid, avec des extraterrestres en forme de cafards géants. En gros le genre de truc qu’on n’oublie pas. Elysium reprend plus ou moins une recette presque identique, en version lutte des classes, sans les extraterrestres, et avec 100 millions de dollars de budget. Et pour couronner le tout, ajoutez un Matt Damon en héros bad-ass et une Jodie Foster en garce intergalactique. Le résultat fonctionne, mais ne convainc pas totalement.

ELYSEE, HUM…

Nous sommes en 2154, à Los Angeles. Et clairement la vie sur Terre est devenue quelque chose d’assez affreux. Bidonvilles à tous les coins de rues, étendues désertiques, centres-ville détruits. Le banditisme est omniprésent et les voitures soulèvent du sable. Univers Mad Max donc, d’autant plus que le héros s’appelle Max et qu’il est très téméraire. En plus de la famine et des maladies, les citoyens terriens doivent supporter une bureaucratie robotisée et des mécha-flics peu enclins à l’empathie et surtout doués pour la matraque. Surplombant ce monde repoussant, un satellite artificiel nommé Elysium. Une sorte de ville spatiale qui fait office d’utopie où tout le monde il est beau, tout le monde il est heureux. Sur cette cité artificielle, les technologies y sont hallucinantes : armes à décharge électrique combinée à des balles et boucliers à champ magnétique, etc. Le mieux reste les capsules de guérison dans lesquelles les humains s’allongent pour ne pas vieillir et endiguer toute maladie. Le luxe et l’abondance pour des privilégiés qui crachent sur les pauvres terriens. Les élyséens n’hésitent pas à exterminer tous ceux qui tentent de rejoindre par vaisseaux la terre promise. D’ailleurs, sans vouloir surinterpréter, Elysium fait figure d’un « american dream ». Les terriens seraient un peu la métaphore des Mexicains qui tentent tout pour traverser la frontière sans y laisser leurs plumes. C’est bien dans ce domaine que le réalisateur Neil Blompkamp se montre le meilleur, dans son extrapolation crédible et inhumaine d’un monde qui pourrait bien devenir le nôtre.

MAX LA MENACE

En revanche, là où c’est moins bon, c’est quand il faut justifier toute la partie action bourrine du film. Max le héros casse-cou, joué par un Matt Damon de sueur et de muscles est un sympathique bougre qui a laissé toute notion de profondeur et de personnalité au placard. Un personnage qui met, en plus, son sens du sacrifice au service d’une petite fille malade. Honorable et mignon certes, dommage que l‘émotion ne touche à aucun moment le spectateur. Le pire réside sûrement dans le méchant du film. Un vieux barbu sanguinaire aux yeux noirs, qui n’est dans le fond là que pour être bien vilain. Comme si sa ligne de script était : « Sois très méchant ». Il est d’ailleurs incarné par le génialissime acteur principal de District 9 : Sharlo Copley. C’est en partie pour ces deux raisons que le film bascule dans le cliché et tombe dans les facilités mélodramatiques. Heureusement, tout n’est pas perdu, car l’arsenal mis en images, la caméra immersive lors des combats et les effets spéciaux nous font tout de même passer quelques moments forts agréables. Matt Damon fait le taff avec son exosquelette branché direct à son cortex cérébral, mais ce n’est clairement pas la performance de sa vie. L’eau a coulé sous les ponts depuis le premier Jason Bourne si vous voyez ce qu’on veut dire… On notera simplement le contraste avec son prochain rôle d’homosexuel bien coquet dans Ma vie avec Libérace.

Elysium souffre à la fois de sa comparaison avec District 9, et du manque d’audace de son scénario. Au contraire, le travail réalisé sur le contexte, les décors, et les nouvelles technologies reste impressionnant. L’anticipation est la grande qualité du réalisateur Neil Blompkamp, bien plus que dans l’action hollywoodienne et ses ressorts dramatiques déjà vus. Donc pas de quoi crier au scandale, mais pas non plus de quoi faire une « ola » dans un stade de lépreux.

Elysium - VERDICT

Par FMA le

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