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Dumb and Dumber De

Dîners de cons

Une ode à la connerie pure, des vannes scatos et un humour en dessous de la ceinture : voilà ce dont a réellement besoin le monde en ce triste début d’année 2015. Il y a un peu plus de 20 ans, les frères Farrelly donnaient vie à un OVNI cinématographique, résultat incestueux du talent de deux frangins encore méconnu du grand public. Dumb and Dumber n’était clairement pas le film de la décennie, mais il avait au moins le mérite de dynamiter le genre comique au cinéma, en s’affranchissant de toutes les barrières possibles et imaginables. Entre gags potaches et situations rocambolesques, le quotidien de Lloyd et Harry donnait surtout envie de se marrer de bon cœur, sans arrières pensés, et sans ne jamais avoir envie prendre notre duo de haut. Et ce, malgré le fait qu’ils cumulent à eux deux le QI d’une huitre. Comme si leurs bêtises les rendaient plus humains.

On est dans le fond parfaitement en accord avec cette tendance actuelle du « tout, tout de suite ». C’est la génération Vine, qui a 9 secondes et 140 caractères pour convaincre. Dumb and Dumber De est aussi subtil qu’un coup de pied dans les couilles. C’est une écriture allergique à l’humour élaboré, qui cherche à déclencher un rire immédiat, s’adressant à des mécaniques presque primitives. Il y a 20 ans, ce culte du rien était une petite révolution. Un vent de fraicheur qui est aujourd’hui devenu une norme. Le problème, c’est que cette manière de faire rire ne laisse absolument aucune place à l’échec. Lorsqu’une vanne tombe à plat, c’est tout le navire qui prend l’eau. Malheureusement, c’est souvent le cas avec Dumb and Dumber De. Encore une fois, tout est une question de point de vue. Il est évident que ceux qui ont un seuil de tolérance très bas à l’humour gras, et aux vannes qui pèses une tonne risquent de ne pas tenir le choc. C’est souvent lourd, parfois dégueulasse, mais c’est surtout très con. Hélas, ce n’est pas toujours drôle, malgré le talent intact du duo d’acteurs d’origine. Une chose est sure, c’est déjà bien mieux que l’infâme reboot de 2003.

Du haut de ses 52 ans, Jim Carrey reste une valeur sûre de l’humour. C’est le genre de mec qui peut vous illuminer le visage avec une simple grimace. Cela ne veut pas dire qu’il ne peut pas nous pondre une bonne grosse daube de temps à autre. Le truc, c’est qu’après des films comme le Truman Show, ou Eternal Sunshine of a Spotless Mind, on peut aisément tout lui pardonner. Même constat pour Jeff Daniels, qui délivre une prestation de demeuré à des années lumières de son rôle de journaliste sérieux, dans l’excellente série The Newsroom sur HBO. Dans le fond, on n’ira pas jusqu’à dire que le film est à la ramasse. Simplement qu’il aurait eu quelque chose à gagner dans la prise de risques. Ce qui aurait dû se limiter à de simples références au premier volet prend rapidement des airs d’hommage appuyé, pour ne pas dire de plagiat pur. Cette suite tire exactement les mêmes ficelles, reprend les mêmes mécaniques, et accouche basiquement d’une copie conforme. La surprise en moins, et avec des acteurs de cinquante balais. On pourrait facilement faire point par point le procès de ce nouvel épisode, mais ce serait passer à côté du principal. On résumera en vantant les qualités d’un divertissement fun, sans prétention, qui s’apprécie plus facilement avec 3 grammes dans le sang.

Dumb & Dumber De - VERDICT

Crédit image, Zastavki.

Par Fox Mulder le

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