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Don Jon

Porn Addict

Don Jon est typiquement un film « attrape mec ». Un acteur cool, Joseph Gordon-Levitt, une actrice plus que séduisante, Scarlett Johansson et une thématique qui parle à toutes les couilles de la terre : le porno ! Loin d’être un film comique, Don Jon propose surtout une réflexion sur le rapport au porno qu’entretiennent les hommes. Pour son premier long métrage en tant que réalisateur, Joseph s’attaque avec audace à un sujet tabou qu’il gère assez bien. En revanche, la réalisation dans son ensemble n’est pas très convaincante ni la direction d’acteurs. On attend une prochaine réalisation pour déterminer si Joseph doit se contenter seulement du métier d’acteur. Le bénéfice du doute !

Joseph Gordon-Levitt c’est Mysterious Skin, Inception, The Dark Knight Rises et Looper, ce qui fait déjà une belle carrière pour un acteur qui a débuté il y a 26 ans. Plus rien ne l’arrête, pas même la réalisation sauf qu’il aurait peut-être dû s’abstenir. Son premier film n’est pas mauvais en soi, mais il sonne creux. La qualité du long-métrage c’est essentiellement la réflexion qu’il formule via son protagoniste sur la (sur)consommation du porno. La pornographie est considérée comme une sous-culture malsaine. Elle fait très rarement l’objet de débat ou de film, à tort d’ailleurs. Et c’est pour ça que l’on apprécie tout particulièrement qu’un film grand public montre de manière explicite et réaliste comment un homme moderne organise sa sexualité solitaire. À travers l’addiction au cul sur écran de Jon Marcello, le film dénonce, non pas le porno, mais notre propre rapport à ce dernier. Joseph Gordon-Levitt a voulu montrer comment la pornographie s’est imposée comme une image hyper excitante de la sexualité. Une vision qui devrait être la norme, mais qui est fausse et qui brouille nos repères. Les publicités et les films sont bourrés de ces images là. De fait, il se crée un décalage avec la réalité qui explique peut-être le problème de Jon. Déduction un peu facile non ? Bref, l’antihéros préfère la solitude d’une boîte de mouchoir face à son PC plutôt que les ébats jouissifs avec une jolie femme. Ce qui est d’autant plus étrange qu’il peut séduire qui il veut. L’intrigue se situe donc autour de cette problématique : redonner à Jon le goût du sexe à deux !

En dépit du sujet intéressant, Don Jon est une comédie romantique sans les qualités affiliées à ce genre cinématographique. Pas d’humour ni d’amour transcendant. Un tout assez bancal très centré sur Don Jon et par conséquent sur Joseph Gordon-Levitt qui ne donne pas une prestation d’acteur étincelante. Il réussit en tout cas à très bien ternir son image de gentleman avec son rôle de beauf très bon séducteur. Scarlett Johansson ne relève pas non plus le niveau. Elle campe une poupée vulgaire et insupportable. Et pour les autres personnages ? Difficile d’en parler tant ils sont peu travaillés et sans charisme. Mention spéciale à Julian Moore dont le rôle de MILF dépressive nous laisse perplexes. Après, le montage est très efficace, mais la sensation d’être face à un tout premier film se ressent. Il y a beaucoup de lacunes dans l’écriture et dans la cohérence. Le seul truc intéressant, encore une fois, est le fait de se reconnaître dans certaines situations ou réflexions autour de la consommation du porno. Sans parler de l’étrange impression de déjà vu face à l’une des nombreuses séquences de cul montrées dans le film. Mais vous n’en parlerez à personne. Car vous n’assumez pas. Si vous n’êtes pas un mec, ou que vous n’avez jamais regardé des films à caractère pornographique (menteur), il semble difficile de vous convaincre d’aller voir Don Jon. Le seul vrai mérite du film, c’est au final d’avoir osé parler d’un sujet tabou surtout aux États-Unis où la violence est moins choquante qu’une paire de seins.

Don Jon - VERDICT

Par FMA le

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