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Daredevil, saison 1

Le diable s’habille en costume

Le personnage de Daredevil est doublement maudit dans l’esprit collectif. Aveugle, la création de Stan Lee n’aurait jamais pu voir l’adaptation cinématographique chaotique dont elle a fait l’objet en 2003. Ce qui en soit reste une certaine forme de bénédiction. Non seulement ce naufrage a condamné pendant plus d’une décennie le personnage aux yeux de tous, mais il a aussi plombé pendant autant de temps la carrière de Ben Affleck, lui valant encore aujourd’hui bon nombre de réflexions. Ajoutez à cela la carrière piteuse des superhéros sur le petit écran et vous obtenez un scepticisme ambiant, géniteur d’une critique intransigeante à l’égard de cette énième adaptation. Et pourtant, Daredevil parvient à accomplir ce qui était encore impensable il y a quelques années : effacer le traumatisme de toute une génération en moins de temps qu’il en a fallu au film pour échouer lamentablement.

Il serait peut-être temps de tourner la page. Douze ans plus tard, la plaie semble encore béante. Comment oublier ? Comment pardonner ? Tout cela semble impossible, les souvenirs vivaces sont encore trop présents. La preuve : il suffit d’annoncer Ben Affleck dans le rôle du Dark Knight, pour voir une foule de protestataires lever armes et bouclier, lui refusant ce privilège. Pourtant, l’acteur a depuis fait ses preuves et regagner une véritable crédibilité, aussi bien en tant que réalisateur qu’en tant qu’acteur. Quand Netflix annonce son partenariat avec Marvel, incluant une nouvelle version de Daredevil, les regards sont méfiants. Il faut dire que le service de vidéo à la demande à qui l’ont doit des pépites comme House Of Cards ou Orange is The New Black n’a aucun intérêt de se tirer une balle dans le pied, avec une série venant plomber son palmarès. Il ne reste alors qu’un seul choix à Netflix : faire table rase du passé, partir sur de bonnes bases et peut-être même livrer un récit plus convaincant que les autres séries de la maison des idées. Il faut dire que les deux autres productions de Marvel (Agents Of Shield et Agent Carter) n’ont jamais déchaîné les passions et à juste titre : elles sont ennuyeuses à souhait ! Vous saisissez maintenant les enjeux de cette nouvelle adaptation de Daredevil ? Très bien. Parce que le verdict est aussi simple que les mots qui vont suivre : cette première saison n’est pas seulement une réussite, c’est une véritable surprise ! Sombre, inquiétant, violent, Matt Murdoch dispose enfin d’un tableau à la hauteur de sa réputation picturale. Réservée à un public plus mature que le celui ciblé par les productions Marvel, Daredevil s’affranchit d’un lourd poids : celui de devoir jouer les alchimistes en adaptant un univers obscur pour des spectateurs tout juste capables de discerner la fine couche qui sépare le bien du mal.

C’est la thématique principale de cette première saison. Daredevil est le récit initiateur de Matt Murdoch, sur le plan moral. Physiquement, le personnage est quasiment accompli, vagabondant au gré de ses sens et à la surprise générale, au risque de livrer un héros peu crédible. Si le diable de Hell’s Kitchen est aveugle, il voit assurément mieux que le commun des mortels, chose qui est difficilement acceptable de prime abord. Et plus les épisodes passent, plus on se fait à l’idée qu’un aveugle est plus à même d’anticiper le danger qu’un voyant, pupilles complètement dilatées. Brutale, la série l’est dès le début, affichant des scènes d’action maîtrisées, à défaut d’être véritablement subtile. Ça tabasse, ça fracasse, naturellement sans ôter une seule fois la vie. Le meurtre, c’est plutôt l’affaire de Wilson Fisk (interprété par l’excellent Vincent D’Onofrio) : un criminel opérant dans l’ombre, rêvant secrètement de détruire les fondations de Hell’s Kitchen, afin de reconstruire le quartier à l’image de ses ambitions. L’antagoniste est quasiment introduit avec une dimension romantique, en train de contempler une œuvre d’art, synonyme d’une enfance traumatisante. Murdock et Fisk n’ont pas les mêmes méthodes, mais ils partagent la même ambition : celle d’un avenir meilleur. Sublimée par une réalisation réaliste, mais jamais chiante, cette première saison offre malheureusement un creux scénaristique étonnant dans sa dernière partie. Comme si l’histoire ne se suffisait plus et que les péripéties de ce beau peuple tournaient déjà en ronds. Inconstant, mais bourré de bonnes intentions, Daredevil ne fait pas encore dans la perfection. Malgré ce défaut majeur, elle est ce qui se rapproche le plus d’une réussite télévisuelle, à des années-lumière des mièvreries propagées par les différents agents de l’univers Marvel.

Daredevil - VERDICT

Source image.

Par Sholid le

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