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Constantine, saison 1

Enfer et Damnation

La dernière fois que l’on a vérifié, John Constantine était plus ou moins l’archétype de l’antihéros par excellence. Un connard méprisant débordant de charisme, mage noir à ses heures perdues, qui affronte les fils de Satan dans le dédain le plus total. C’est aussi un héros torturé, alcoolique, et physiquement marqué qui laisse souvent la mort dans son sillage. Je trouve ça dommage que personne n’ai encore eu vraiment les couilles de lâcher une adaptation digne de ce nom du comic original. Bien qu’elle soit sombre, violente et profondément malsaine, Hellblazer est surtout l’une des publications les plus emblématiques de la gamme adulte de DC. Ce qui rend d’autant plus scandaleux le fait qu’il n’y a jamais eu d’adaptations filmiques qui rendent vraiment justice au comics.

C’est à croire que les mecs n’ont pas saisi une once de ce qui fait l’essence du personnage de John. Oui, les choses sont dites, racontées, comme un vieux souvenir abstrait qui n’a jamais existé. Mais rien ne fait jamais réel. Putain, c’est quand même pas si compliqué. Il y a tellement de gens sur cette planète qui feraient quelque chose de fou avec l’univers de Hellblazer. C’est à croire que les producteurs choisissent les seules personnes qui semblent décidées à faire de John Constantine un produit formaté, pour tout public. Le John Constantine de cette nouvelle série est aux mieux gentiment irrévérencieux. Mais il ne fait pas vrai une seule seconde. Il a bu tellement d’eau de javel qu’il en devient transparent. Il est sans arrêt dans le surjeu, dans la caricature et dans l’édulcoration la plus totale. Le passage fondateur de NewCastle, celui qui a fait le personnage de Constantine n’est ici évoqué que par quelques flashblack évasifs. Si vous n’avez pas lu le comic original, personne ne comprend vraiment ce qu’il s’est passé. Ok, une gamine est morte après un exorcisme qui a mal tourné. Et après ? On ne vous dira pas que la petite Astra gisait dans un club miteux où John jouait avec son groupe de Punk. On ne vous dira pas non plus que la fillette venait d’être violée en tournante par un groupe d’adultes infâmes.

On ne vous dira pas que sous le choc, Astra avait généré un démon qui avait massacré toutes les personnes présentes, et qu’en tentant de conjurer le sort, John avait fini par envoyer la jeune fille en enfer éternel. Comme une ultime punition qui vient hanter notre antihéros jour et nuit, qui depuis consume le reste de son existence en attendant la mort. C’est peut-être un peu brutal pour la gentille télévision puritaine, mais c’est-ce que l’on s’attend à voir lorsqu’on utilise le nom de John Constantine. Au bout d’un moment, si c’est pour dénaturer la chose sans cesse, autant laisser la licence à ceux qui comptent en faire quelque chose de digne d’intérêt. On ne va pas vous mentir, il y a de bonnes choses dans cette série. Mais très vite, le show se vautre dans un enchainement routinier d’affaires paranormales de bas étage, toutes plus prévisibles les unes que les autres, jusqu’à un twist final tiré par les cheveux qui donne l’impression que le scénario est écrit au fil du tournage, sans ne jamais savoir où on met les pieds. On atteint le point de non-retour lorsque le gentil John Constantine commence à faire la leçon à ses collaborateurs qui tombent dans l’excès. Ce n’est pas bien la drogue, et fait attention à ce verre Whisky, il ne faut pas que tu prennes le volant après ! Vous savez ce qu’on dit de l’enfer : il est pavé de bonnes intentions.

Constantine S01 - VERDICT

Par Fox Mulder le

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