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Breaking Bad, saison 5

Remember his name

Depuis la première diffusion de Breaking Bad en 2008, Vince Gilligan, le créateur de la série, n’a cessé de décrire son show comme la transformation de Mr Chips en Scarface. Il est donc évident que tout aller finir par exploser dans cette cinquième et ultime saison, qui clôt parfaitement le chapitre d’un simple professeur de Chimie qui devient le plus gros producteur de Méthamphétamine de tout le Nouveau-Mexique.

BREAKING GOOD

Débarrassé du terrible Gus et de Los Pollos Hermanos, Walter poursuit sa (con)quête de succès et d’enrichissement en développant son propre système de production et de distribution. Épaulé par l’instable Jesse Pinkman, le pessimiste Mike et l’ironique Saul Goodman, Mr Chips s’engage peu à peu dans une voie sans issue, dans un tourbillon infâme avec non seulement l’envie d’accumuler un maximum d’argent, mais aussi de rester le leader dans son domaine. Alors qu’il échouait lamentablement il y a plus de 20 ans en quittant Grey Matter Industries, Walter est devenu ce qu’il a toujours voulu être, ce qui l’a rongé pendant toutes ces années : le meilleur dans ce qu’il entreprend. Mais comme il finira par le confesser, il n’a jamais fait ça pour sa famille. Il l’a fait pour lui, pour gonfler un égo rabaissé plus bas que terre après des années de misère dans la fonction publique. Le cancer n’a été qu’un élément déclencheur, lui rappelant qu’il n’a jamais pris position, qu’il n’a jamais saisi sa chance quand il le fallait. C’est dans ce sens que cette dernière saison de Breaking Bad est traumatisante, car elle nous rappelle à chaque instant à quel point les remords et les regrets peuvent détruire un homme. Walter White n’est pas seulement un virtuose de la chimie et de la fabrication d’une drogue dure. Il est une leçon de vie à lui seul, l’allégorie de la destruction d’une existence sur la longueur, en toute douceur, à l’image du cancer qui le ronge depuis maintenant deux ans.

I AM THE ONE WHO KNOCKS

Plus que jamais, cette cinquième saison met un point d’honneur à accorder de l’importance aux petits détails. Cela renforce par ailleurs le sentiment de cohérence de ces seize épisodes. Pas une seule fois on ne se dit qu’il y a du gâchis. Pas une seule fois on ne se dit qu’un épisode n’a pas sa place. Et si le doute s’installe pendant quelques minutes, il est directement balayé d’un revers quelques scènes plus tard. Tout a été pensé depuis le début. Pas seulement depuis le début de la saison, mais depuis le début de la série. Il est alors parfaitement aisé de faire des comparaisons, des analogies plus ou moins subtiles avec les précédentes saisons. Breaking Bad ne laisse jamais le téléspectateur passif, il lui tend la main, l’invite à se souvenir d’évènements passés dont il n’aurait jamais soupçonné l’importance, jusque dans le dénouement final. Il est appréciable de regarder une série qui ne nous prend pas pour des demeurés, une série qui accorde de l’importance aux détails et qui laisse la possibilité au spectateur de partir à la chasse aux indices. D’ailleurs, c’est l’objectif des Flash Forward qui ouvrent le début et la moitié de cette saison. En observant chaque épisode attentivement, il est possible de prévoir le dénouement final. Alors certes, c’est en quelque sorte contradictoire avec la série, qui prend un malin plaisir à déjouer nos attentes, mais c’est au final tellement satisfaisant que cela en devient jouissif.

AU REVOIR MONSIEUR LE PROFESSEUR

Puis il y a ces trois derniers épisodes. Ozymandias, Granit State et Felina. À eux seuls, ces trois épisodes réunissent ce que la série a su faire de mieux pendant six ans. En plus d’apporter une conclusion parfaite, ils entretiennent la flamme jusqu’au bout, maintenant un suspens de tous les instants auquel il est difficile de résister. On quitte finalement Walter White sur une note plus que positive, avec le sentiment que tout a été dit, tout a été fait et qu’il ne manque rien. Absolument rien. Chaque année, on vibre devant nos écrans grâce à Game of Thrones, Homeland, Mad Men, Walking Dead et autre hit télévisuel. Soyons honnêtes : aucune de ces séries n’a atteint l’excellence de Breaking Bad. Aucune de ces séries ne nous a fait autant vibrer. Aucune de ces séries ne nous a livré un casting exemplaire, ni même une intrigue aussi simple dans son propos, que complexe dans son exécution. On pourrait s’étaler encore plus, vous démontrer par une analyse soignée de chacun des personnages et de l’intrigue que c’est une série anthologique, que son empreinte sur le petit écran sera indélébile. On vous laissera vous forger votre propre avis, votre propre interprétation sur les évènements. Aujourd’hui, on est enfin en mesure de l’affirmer : Breaking Bad est l’une des meilleures séries de tous les temps. Et il s’en passera des années avant de retrouver un show à la hauteur des péripéties de Walter White.

Exceptionnelle. Magistrale. Sublime. Émouvante. Magnifique. Parfaite. Des adjectifs ? Vous pouvez en rajouter des dizaines, des centaines. Cette note et cette critique ne glorifient pas seulement cette cinquième saison, mais l’ensemble de la série qui aura déchainé les passions pendant six merveilleuses années. Maintenant ou dans dix ans, Breaking Bad procurera toujours le même effet : nous faire planer comme une grosse dose de cristal bleu le ferait.

Breaking Bad S05 - VERDICT

Par Sholid le

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