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On le sait depuis maintenant 3 saisons: personne n’est à l’abri dans Boardwalk Empire. Malheureusement, la très bonne série d’époque signée HBO peine à trouver sa place. Surement trop de politique, et pas assez de carnage aux yeux d’un grand public élevé avec les Sopranos. Au crépuscule de sa quatrième saison, la série mafieuse produite par le duo Whalberg / Scorsesse maintient pourtant le cap, et déroule lentement mais surement une histoire qui lui colle de plus en plus à la peau.

Difficile de se détacher de l’ombre colossale des Sopranos, surtout lorsqu’on s’appelle Terence Winter, et que l’on reste une des figures emblématiques hors caméras de la série culte de HBO. Pourtant, il n’aura pas fallu bien longtemps pour que Boardwalk Empire trace sa propre route, menée d’une main de maître par un Steve Buscemi dans le rôle d’Enoch « Nucky » Thompson, qui a visiblement toujours autant de charisme à revendre. Chapeau vissé sur la tête, costume ajusté au millimètre, fleur rouge carmin épinglée au niveau du torse : cette dégaine devenue culte colle aussi bien au rôle de mafieux qu’à celui de politiciens. Avec plus d’un tour dans son sac (et toujours un coup d’avance sur ses adversaires) l’emblématique Nucky signe de manière assez décevante, une performance plus en retrait. Lui qui avait fait le choix de troquer une partie de ses bonnes manières contre un revolver, se retrouve grosso modo à faire l’autruche. La montée en puissance initialisée lors d’un final de saison 2 d’une rare violence, se retrouve ici freinée, presque stoppée net, et nous laisse avec un Nucky qui se contente désormais (à peu de choses près) de tirer les ficelles depuis une chambre d’Hôtel. Un choix scénaristique compréhensible, bien que contestable, qui a au moins le mérite de braquer la lumière sur les personnages secondaires du show, qui s’avèrent pour leur part toujours aussi exceptionnels.

Du côté de Chicago, on pense bien sûr à la véritable éclosion d’Al Capone, que le peuple attendait depuis pratiquement 40 épisodes. Si nombres de détails historiques ne sont clairement pas laissés au hasard, la série s’efforce de prendre quelques libertés avec l’histoire avec un grand H. A ce titre, l’intégration subtile de l’ex-agent de la prohibition George Muller à l’épopée sanglante de Capone s’avère être un choix riche en scènes sous hautes tentions. Le genre qui fait accélérer votre rythme cardiaque lorsque les deux types sont réunis dans la même pièce, ou bien qui vous fait sourciller lors d’échanges aussi instables que savoureux. Ce genre d’instants sur le fil, Boardwalk Empire en a fait une spécialité. Et ça se vérifie tout au long de cette saison, que ce soit avec l’Afro-Américain Chalky White (qui prend énormément de gallons), ou encore l’excellentissime Richard Harrow. Pour le créateur de la série, l’art d’instaurer un stress palpable, de montrer au spectateur qu’il a le pouvoir et que tout peu basculer à n’importe quel moment, se révèle bien plus puissant que n’importe quel souillage intempestif de personnage à la Walking Dead ou Game of Thrones, qui n’ont généralement pour but principal que de vous laisser sur le cul à la fin d’un épisode, la queue entre les jambes. C’est aussi et surement de là que vient le succès moins prononcé d’une série comme Boardwalk : elle reste l’une des seules à encore avoir le luxe de prendre son temps, sans ne jamais avoir à vous faire perdre le votre.

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Boardwalk Empire S04 - VERDICT

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Par Fox Mulder le

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